Menton : les 130 ans des Faïences Perret-Gentil célébrés
Menton : 130 ans des Faïences Perret-Gentil célébrés

Marie-Hélène Roudier, céramiste mentonnaise, a rendu hommage aux 130 ans des « Faïences Mentonnaises » de la maison Perret-Gentil lors d'une soirée organisée sur l'esplanade des Sablettes, dans le cadre des Journées du Patrimoine. L'événement s'est tenu à la Boutique Éphémère, où une exposition de sept artistes mentonnaises est actuellement visible. La céramiste, qui a repris l'atelier en 1986, était entourée notamment de Michel Prauly, petit-fils de Robert Prauly (gendre de Charles Perret-Gentil), accompagné de son épouse et de ses filles.

Une dynastie de céramistes depuis 1896

L'histoire de cette maison remonte à 1896, lorsqu'Eugène Perret-Gentil rachète l'atelier de Marie Magnat et fonde « Les Faïences Mentonnaises ». L'atelier était alors situé dans le Borrigo, à l'emplacement de l'actuel Cours du Centenaire. Une dizaine de personnes y travaillaient, et Eugène possédait également un magasin de vente dans l'avenue de Verdun. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, presque tous les bâtiments furent détruits. L'activité fut reprise par son fils Charles, qui installa l'atelier au rez-de-chaussée de sa maison familiale, au 14 Promenade du Val de Menton. Robert Prauly, son gendre, prit ensuite le relais.

Marie-Hélène Roudier a rappelé l'importance de cette transmission : « Pendant près d'un siècle, cette transmission familiale a permis de préserver un savoir-faire devenu l'un des symboles de notre ville. Aujourd'hui encore, les Faïences Mentonnaises existent toujours, elles sont fragiles mais elles sont debout parce que je me bats. Parce que j'ai choisi de faire vivre ce métier en l'enseignant et en partageant cette passion de la création céramique. Je n'ai jamais regretté ce choix. Car au-delà de l'activité économique, il y a une mission : préserver un patrimoine, transmettre un savoir-faire et faire en sorte que les générations futures puissent encore découvrir ce qui fait la richesse de notre identité locale ».

Une soirée d'hommage et des créations spéciales

Pour cette soirée, Marie-Hélène Roudier a conçu une série d'assiettes en céramique numérotées « spécial 130 ans », estampillées des deux signatures de la maison, et décorées avec des citrons (deux modèles), ainsi que des verres. Les convives ont également pu déguster un buffet de spécialités exclusivement mentonnaises préparé par Lisa Santucci et Nicole, anciennes propriétaires du « Petit Port », servi dans des assiettes déclinant toutes les époques de fabrication de l'atelier.

La céramiste a évoqué son parcours personnel : « En 1986, pour la première fois, l'atelier quitte le cercle familial. Robert Prauly me confie cette maison. Je n'avais aucun lien de parenté avec ses fondateurs, mais j'avais peut-être l'essentiel : mentonnaise de souche et petite-fille d'artisan, étudiante en art, un profond attachement à Menton, à son histoire et à son patrimoine ». Elle a également présenté des panneaux avec des photos historiques retraçant l'histoire de l'atelier, en parallèle de la sienne.

Un métier exigeant et un patrimoine à préserver

Parmi les invités figuraient Charles Martini de Châteauneuf et Michelle Rubino, auteurs de « La Grenouille et le Citron, Histoire de la céramique artistique et architecturale mentonnaise » (1996), des membres de la Société d'art et d'histoire du Mentonnais, de Mentan Terra Mia, ainsi que Dominique Natoli, céramiste de Vallauris (atelier DNB Céramique).

Marie-Hélène Roudier a conclu : « Je ne vous cacherai pas que maintenir un atelier artisanal est devenu un véritable défi. Les métiers d'art demandent un engagement total, beaucoup de persévérance qui ne se mesure pas en heures de travail. J'espère que les Faïences Mentonnaises continueront encore longtemps à raconter notre histoire, à faire vivre nos traditions et à rappeler que le patrimoine, ce n'est pas seulement ce que nous héritons du passé, c'est aussi ce que nous choisissons de transmettre ». Il est encore possible de se procurer ces assiettes numérotées auprès de la Boutique Éphémère, au prix de 25 et 20 euros.