Domaine d'O : Stéphane Gil veut faire du lieu « une cité européenne du théâtre »
Domaine d'O : Stéphane Gil veut une « cité européenne du théâtre »

Stéphane Gil, nouveau directeur général du Domaine d’O à Montpellier, a présenté vendredi 25 septembre ses ambitions pour la structure culturelle, issues de la fusion entre le Printemps des comédiens et l’Epic du Domaine d’O. Il souhaite faire de ce lieu « une cité européenne du théâtre », recentrer le festival sur les interprètes et instaurer un « hiver des coopérations » avec les autres scènes du territoire.

Une nouvelle dénomination et un projet structuré autour du Printemps des comédiens

Dès son arrivée, Stéphane Gil a tenu à « remettre dans l’ordre la dénomination » de l’établissement public de coopération culturelle (EPCC). « À partir de maintenant, on va s’appeler Domaine d’O, avec en sous-titre “Cité européenne du théâtre” », a-t-il annoncé. Un sous-titre qui, selon lui, « permet d’expliciter que nous devons devenir une cité, qui porte des choses qui sont de l’ordre de la citoyenneté et du service public ; qu’européen sera le champ d’action ; qu’il y aura différentes disciplines artistiques et que tout cela se fera à Montpellier ».

Choisi en juin par l’État, la Métropole et la Ville, Stéphane Gil est en poste officiellement depuis le 1er septembre pour un mandat de trois ans renouvelable. Pour structurer son projet, il s’est appuyé « sur ce qui était le plus fort ici et avait 40 ans d’existence : le Printemps des comédiens ». Il souhaite « recentrer le festival sur la promesse que fait son titre, d’une rencontre avec les actrices et les acteurs, qu’on quitte un peu la question des grandes figures de metteurs en scène qui, du reste, sont trop souvent des hommes ». Il se veut rassurant : « Le public retrouvera ses repères : un festival audacieux, ambitieux, de création, qui prend des risques… mais qui donc valorisera les interprètes prioritairement, et leur demandera en retour d’être présents autrement, plus fréquemment, et sur le temps long. »

Un rythme saisonnier repensé : été festif, automne jeune public, hiver coopératif

À partir de ce « phare printanier », Stéphane Gil a pensé un rythme saisonnier. L’été restera dévolu aux festivals Montpellier Danse, Radio France et Arabesques, mais il aimerait « qu’on cumule tous nos savoir-faire pour développer ensemble une façon plus cohérente d’accueillir et de traverser l’été au Domaine d’O ». Il suggère une programmation d’animations, repas, fêtes et rendez-vous musicaux, une manière de « guinguette » active durant toute la saison estivale, pour que le lieu soit identifié « aussi comme un lieu de convivialité, d’hospitalité, de rencontres, au-delà des spectacles ».

Pour l’automne, période jusque-là calme, il veut repositionner Saperlipopette, le festival jeune public, avant et pendant les vacances de la Toussaint. « À la fin d’Arabesques, on récupère les équipements pour accueillir une équipe artistique en résidence pour la création d’un spectacle qu’on proposera sur le temps scolaire. On déborde ensuite sur les vacances pour renouer avec l’esprit et l’ADN de Saperlipopette », détaille-t-il. L’idée est qu’« un peu comme dans un parc, on s’acquitte du ticket d’entrée et qu’une fois à l’intérieur, on choisit ce qu’on veut, rencontres, ateliers, spectacles… ».

Enfin, pour l’hiver, il propose un « hiver des coopérations » : le théâtre Jean-Claude Carrière, « un outil unique sur le territoire montpelliérain de par sa jauge, son plateau, sa modularité », serait mis « au service d’autres théâtres, d’autres logiques, qui en ont besoin pour faire mieux ». 60 à 70 % de la programmation se feraient en coproduction avec l’Opéra-orchestre, l’Agora, les 13 Vents, La Vignette, le théâtre Jean-Vilar, Arabesques, voire le Cinemed. « Pour un effet miroir du Printemps des comédiens recentré sur l’interprète, j’ai demandé que la saison d’hiver interroge, elle, le format et la forme des spectacles. »

Un objectif d’élargissement des publics

Stéphane Gil insiste sur sa volonté de « modification de l’usage du spectacle vivant et de l’expérience du lieu » pour « inviter et donner envie à de nouveaux publics ». Il préfère le terme d’« élargissement des publics » à celui de « renouvellement des publics », qui laisserait entendre qu’il change de public. La saison 2026/2027 s’ouvrira le 9 octobre avec Faust. Fait, non dit de Romeo Castellucci, une saison conçue par Eric Bart, alors directeur artistique par intérim, que le nouveau directeur « assume complètement ». Son premier véritable rendez-vous officiel de programmation sera la 41e édition du Printemps des comédiens, du 28 mai au 21 juin 2027.