Le double pressoir du musée des comtes de Provence de Brignoles, une des rares pièces encore dans les murs, a été étudié par des conservateurs spécialisés en mobilier bois dans le cadre d’un projet de restauration. Acquis en 1962 à la Foire de Brignoles auprès de François Arcangelo de Cabasse, ce pressoir servait à la fois pour les olives et le raisin. Haut de 4 mètres et presque aussi large, il n’a pas encore rejoint les réserves externalisées en raison de sa stature imposante et de sa fragilité.
Un examen approfondi par des spécialistes
Pendant plusieurs jours, les conservateurs Thierry Palanque et Delphine Elie-Lefebvre, accompagnés de la stagiaire Garance de Lacoste, ont scruté le double pressoir. « Nous avons commencé par un descriptif de l’objet : en quoi il est fait, comment il est fabriqué », a expliqué Thierry Palanque. Le but de leur étude est de dresser un état de conservation complet et de fournir des préconisations pour le démontage, le transport, la restauration, le remontage et la préservation future.
Un état de conservation intéressant
Le directeur du musée, Alexandre Mahue-Deloffre, a souligné que « comme pour toutes les œuvres avant de la restaurer, il faut essayer de la documenter, de comprendre sa mise en œuvre ». Quant à l’âge du pressoir, « sa datation est incertaine. Du XVIIe, du XVIIIe ? On ne sait pas. » Il a ajouté que son état de conservation est « quand même très intéressant pour un musée ». Les conservateurs ont jugé de la stabilité de la structure et dressé un bilan sanitaire. « Il faut penser à tout pour prévenir tout risque », a précisé Palanque.
Vers un cahier des charges pour la restauration
Suite aux recherches techniques et historiques, les spécialistes vont élaborer un cahier des charges. « Il va permettre d’orienter les choix de restauration – jusqu’où on veut aller, ce qu’on veut faire avec cet objet – et ça va servir pour consulter les restaurateurs intéressés », a indiqué Delphine Elie-Lefebvre. L’objectif est de redonner au pressoir son lustre et son intégrité pour le futur musée. Une fois les travaux de réhabilitation terminés, le double pressoir sera installé dans la maison voisine du palais, où se trouvent d’importants vestiges d’un moulin à huile du XVIIe siècle.



