À Grasse, des gravures templières découvertes dans une maison médiévale
Des gravures templières découvertes dans une maison à Grasse

Jacques Belletini, président du club des pêcheurs de Grasse et du canton de Saint-Vallier, a fait une découverte surprenante dans sa demeure située au cœur médiéval de la commune. En observant les murs de sa maison, l'une des plus anciennes du village, il a repéré des éléments architecturaux et symboliques qui, selon lui, pourraient témoigner d'un passage des chevaliers du Temple.

Une maison chargée d'histoire

La maison de Jacques Belletini se trouve au sud du carré formé par la Place Vieille, dans le noyau médiéval. Elle compte trois niveaux, des murs très anciens et offre une vue directe sur la vallée de la Siagne. « À l'époque, sa construction s'est effectuée sur ce carré civil, pendant du carré religieux autour de Notre-Dame-de-Sardaigne », explique-t-il. Tout ce qui s'étend aujourd'hui vers la chapelle du cimetière n'existait pas encore. Ce n'est qu'au XVIIe siècle, avec le retour de la sécurité, que les habitants ont bâti hors des remparts.

Des symboles templiers identifiés

En examinant les lieux, Jacques Belletini a remarqué plusieurs signes. Dans la cage d'escalier, trois rosaces à six branches peintes sur le mur. À l'entrée, une croix posée sur un socle pyramidal, juste au-dessus d'une porte. « Ces motifs ne sont pas décoratifs, assure-t-il. Ils renvoient à des symboles protecteurs, parfois associés aux ordres militaires. »

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Le lien avec la chapelle Saint-Blaise

La maison jouxte la chapelle Saint-Blaise, ancienne église paroissiale. Or, saint Blaise était très vénéré en Provence. Sa dévotion aurait été apportée par les chevaliers de Saint-Blaise, un ordre religieux militaire né en Orient lors des croisades. « On peut se demander s'ils n'ont pas précédé les Templiers, ou si ces derniers n'ont pas placé sous son patronage plusieurs lieux cultuels », s'interroge Jacques Belletini. La proximité entre la chapelle et la maison lui semble significative.

L'hypothèse d'un refuge templier

Selon lui, il est possible que des Templiers aient séjourné dans cette maison. « On sait que ceux de Grasse ont fui lors de l'arrestation ordonnée par Philippe le Bel, abandonnant leur église Saint-Jacques. Où se sont-ils réfugiés ? Les villages du haut pays offraient des abris discrets. Une maison solide, située dans le carré civil et proche d'un lieu de culte, aurait pu accueillir un petit groupe. J'imagine six ou sept hommes », confie-t-il. Il ajoute que les maisons médiévales conservent souvent des traces que l'on comprend mieux en les replaçant dans un contexte plus large.

Un regret concernant le blason du village

Jacques Belletini évoque également un regret à propos du blason du village. Les lettres « SS » ont été remplacées par « SC » dans les années 1980, sans doute pour éviter une confusion malheureuse. « Je comprends l'intention, mais je trouve dommage d'avoir modifié un symbole ancien. L'histoire doit être expliquée, pas effacée », déplore-t-il.

Une passion pour l'histoire locale

Cette recherche a changé son regard sur son environnement. « Elle m'a rendu plus attentif aux pierres, aux détails. On vit dans un village où chaque mur raconte quelque chose. Il suffit parfois d'un motif oublié pour que l'histoire ressurgisse », conclut-il.

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