Céramique de Menton : des origines monégasques à célébrer
Céramique de Menton : origines monégasques à célébrer

Les célèbres faïences mentonnaises Perret-Gentil s'apprêtent à souffler leurs 130 bougies en septembre, mais saviez-vous que cette tradition artistique plonge ses racines à Monaco ? Une exposition dédiée à cet anniversaire se tiendra tout le mois à Menton, avec un hommage particulier lors des Journées du Patrimoine, sous la conduite de Marie-Hélène Roudier, héritière de cette dynastie de potiers et céramistes d'art depuis 1986.

Une première poterie monégasque née de l'initiative de Marie Blanc

L'histoire commence avec Marie Blanc, épouse de François Blanc, le fondateur de la Société des Bains de Mer et créateur du Casino de Monte-Carlo. Sous l'impulsion du prince Charles III, François Blanc avait été recruté pour développer une nouvelle économie touristique, attirant les riches hivernants. Marie Blanc contribua également à l'animation de la nouvelle station.

Chargée de piloter la participation de Monaco à l'Exposition Universelle de Vienne en 1873, elle enrichit le pavillon monégasque de céramiques achetées au céramiste strasbourgeois Charles Frédéric Fischer, qui tenait atelier à Oloron-Sainte-Marie avec son épouse Marie, dans les Pyrénées-Orientales. Le succès est tel qu'elle ouvre la première Poterie de Monaco en 1874 et en confie la direction aux Fischer.

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De Monaco à Menton : la transmission aux Magnat

Les œuvres produites sont prolifiques, dans un style bien défini, avec des barbotines inspirées de la Renaissance, décorées de fleurs, de fruits et d'animaux. Quelques années plus tard, les époux Fischer quittent Monaco pour retourner dans leur fief d'origine, gérant à distance les commandes internationales. Ils font exécuter leurs céramiques par un autre couple, Louis Léopold Magnat (1829-1893), devenu directeur administratif en 1877, et Marie Magnat (1830-1903), qui excelle dans le modelage des fleurs.

En 1879, le couple fonde la Poterie artistique du Borrigo à Menton. Les céramiques de Marie, surnommée « La fée aux fleurs », rencontrent un vif succès. Ils s'adaptent au « style de Menton » avec des fleurs, du bleu azur et des citrons, symboles de l'économie florissante de la cité. La poterie devient alors fournisseur breveté de la Reine d'Angleterre, du Roi de Saxe et du Prince Charles de Bavière.

L'âge d'or et le déclin de la céramique mentonnaise

Les Magnat deviennent les grands noms de la céramique mentonnaise, aux côtés de Félix Tardieu et Pierre-Adrien Dalpayrat, après la fermeture de la première Poterie artistique de Monaco en 1887. En 1896, Marie, veuve, vend l'atelier Magnat au potier suisse Eugène Perret-Gentil. C'est ainsi que naissent les Faïences mentonnaises Perret-Gentil, qui célébreront leurs 130 ans en septembre.

Au milieu de cette production artistique, se distingue la seule famille mentonnaise de céramistes, les Saïssi, spécialisés en céramique architecturale (balustres, fresques, décors de façades). Ils employaient plus d'une centaine d'ouvriers à la fin de 1899, profitant du marché de la construction et de la décoration des grandes villas bourgeoises sur la Côte d'Azur. Le déclin de l'entreprise commence à la Première Guerre mondiale, mais le coup d'arrêt fatal survient avec le changement de clientèle, passant des riches hivernants aux classes populaires.

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