Cinq objets emblématiques du débarquement de Provence au Mémorial du Faron
Cinq objets du débarquement de Provence au Mémorial du Faron

Le Mémorial du Faron, perché au-dessus de Toulon, dévoile cinq objets emblématiques du débarquement de Provence. Parmi eux, l'uniforme de la 1re division française libre, un poste radio clandestin, le képi du général de Lattre de Tassigny, une citation de résistante et le fanion du croiseur Gloire. Ces pièces, présentées par Rémi Commin, médiateur culturel, illustrent la diversité des forces et le rôle crucial de la Résistance dans la libération de la Provence en août 1944.

L'uniforme de la 1re division française libre

Dans la première salle du Mémorial, plusieurs uniformes sont exposés, dont celui de la 1re division française libre. Rémi Commin souligne « l'éclectisme de sa composition » : on y trouve des soldats du Pacifique, des Guadeloupéens, des Réunionnais, des soldats d'Algérie et d'Afrique subsaharienne, ainsi que des Français de métropole ayant réussi à s'échapper. « C'est cette armée, variée, qui a débarqué en Provence », explique-t-il. L'uniforme, au tissu épais et rêche, porte deux fois la croix de Lorraine, emblème de De Gaulle et de la France libre : une sur la poitrine, une autre en haut du bras gauche, arborant les couleurs bleu, blanc, rouge. « Cela permettait de distinguer facilement les différentes divisions ».

Un poste radio clandestin pour le renseignement

Un poste radio de type A. MK II, relativement courant dans la Résistance, est présenté. Son rôle principal était le renseignement, comme l'affirme le guide : « Il faut savoir que son rôle principal, c'était le renseignement. Oui, bien sûr, il y a eu des attaques armées, mais plutôt à la fin de la guerre. Sa mission première, c'était de transmettre des informations. » Grâce à la fiabilité des renseignements, le débarquement de Provence s'est nettement mieux passé que celui de Normandie en termes de pertes humaines. Des messages codés ou en morse sont montrés aux visiteurs, ainsi que des témoignages de Résistants, comme la Toulonnaise Micheline Maurel.

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Le képi du général de Lattre de Tassigny

Offert par sa veuve au Mémorial, le képi de celui qui était alors général (maréchal à titre posthume) est l'un des objets les plus précieux. Rémi Commin retrace son parcours atypique : « En 1940, il est déjà général et devient un cadre de l'armée de l'armistice. Il s'oppose au régime de Vichy le 11 novembre 1942 lorsqu'il donne l'ordre à ses hommes de résister à l'envahissement de la zone libre. Il est alors arrêté, transféré à Lyon… Ce sont sa femme et des Résistants qui l'ont libéré. Il s'envole alors vers l'Afrique du Nord et entre dans la France libre. »

Une citation pour honorer les femmes résistantes

Les citations, documents officiels délivrés par l'État français, récompensaient les actions d'éclat, dévouements exceptionnels ou comportements remarquables en opération. Le Mémorial expose celle de Suzanne Rouquette. Rémi Commin commente : « Cela nous permet d'aborder le rôle primordial des femmes dans la Résistance. Elles ont été très actives. Leur statut faisait que l'ennemi s'en méfiait beaucoup moins. Dans les esprits, elles s'occupaient de la maison, de la famille… Elles ne pouvaient pas commettre de telles actions. Et pourtant ! » Entre 2 000 et 3 000 femmes ont activement participé au débarquement de Provence, comme transmissions d'informations, infirmières, assistantes sociales ou interprètes.

Le fanion du croiseur Gloire

En fin de visite, huit fanions de bateaux sont à découvrir dans des tiroirs. « Une dizaine de croiseurs ont participé au débarquement de Provence. Certains avaient également servi en Normandie. Nous avons plusieurs témoignages de matelots, par exemple sur le Duguay-Troin ou le Malin. Et puis, il y a le Gloire. C'est lui qui a notamment remonté des canons jusqu'à Saint-Mandrier. » Ces fanions, comme d'autres petits trésors, ne demandent qu'à être découverts.

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Le Mémorial propose également un film de 15 minutes, pièce maîtresse de la visite, qui offre un condensé du débarquement de Provence et de la libération de Toulon et de Marseille. « Uniquement constitué d'images d'archives, il montre à quel point les combats ont été durs. Les Allemands ne lâchaient rien ! » Sur un écran géant de 17 mètres de long, les visiteurs revivent heure par heure les opérations qui ont conduit à la victoire. Le Mémorial du débarquement et de la libération en Provence, sur le mont Faron, est ouvert tous les jours de 10h à 18h (sous réserve de l'ouverture du massif). Tarifs : 3 à 6 euros. Renseignements au 04.94.92.68.25.