Le cimetière des chiens d'Asnières, situé dans les Hauts-de-Seine, a ouvert ses portes en 1899. Premier cimetière animalier au monde, il a d'abord suscité de nombreuses railleries avant de devenir un lieu de visite apprécié. Aujourd'hui, il attire des curieux et des amoureux des animaux, séduits par son atmosphère paisible et son riche patrimoine.
Un projet novateur mais moqué
À l'origine, le projet de créer un cimetière dédié aux animaux de compagnie a été accueilli avec scepticisme. Les détracteurs le qualifiaient de « folie » ou de « caprice de riches ». Pourtant, l'initiateur, l'écrivain et journaliste Georges Harmois, assisté de la Société protectrice des animaux, a persévéré. Le cimetière a ouvert en 1899, avec une première concession pour un chien nommé « Tom ». Selon les archives, plus de 40 000 animaux y sont enterrés, dont des chiens, des chats, des oiseaux et même un singe.
Un lieu de mémoire et d'histoire
Le cimetière est classé aux monuments historiques depuis 1987. Il abrite des sépultures d'animaux célèbres, comme le chien Rintintin, star du cinéma muet, ou le cheval de l'écrivain George Sand. Les tombes, ornées de statues et de plaques, témoignent de l'attachement des propriétaires à leurs compagnons. « C'est un lieu unique, chargé d'émotion et d'histoire », explique une visiteuse régulière. Le site accueille environ 50 000 visiteurs par an, selon la mairie d'Asnières.
Un lieu de visite apaisé
Malgré les moqueries initiales, le cimetière est devenu un havre de paix. Les promeneurs y viennent pour se ressourcer, loin de l'agitation urbaine. Les allées ombragées et les monuments funéraires créent une atmosphère propice à la réflexion. Un guide local note : « Beaucoup de gens viennent ici pour le calme, pas seulement pour les animaux. » Le site est également un témoignage de l'évolution du regard sur les animaux de compagnie, passés du statut d'utilité à celui de membres de la famille.
Un patrimoine à préserver
Aujourd'hui, le cimetière fait face à des défis d'entretien. Les concessions perpétuelles, qui n'ont plus de propriétaires, tombent en ruine. La ville d'Asnières a lancé une souscription en 2023 pour restaurer les tombes les plus endommagées. « Il faut sauver ce patrimoine unique », insiste le maire. Le cimetière reste un symbole de l'amour des Français pour leurs animaux, malgré un début controversé.



