Basville, l'intendant du Languedoc qui réprima les protestants
Basville, l'intendant du Languedoc et la répression protestante

Le 18 octobre 1685, il y a 360 ans, le roi de France tentait par la force d'éradiquer une religion "prétendument réformée" en signant la révocation de l'édit de Nantes. Focus sur Basville, l'intendant du Languedoc, qui a réprimé l'hérésie et fait bâtir des monuments.

Un intendant zélé

C'est parce que son prédécesseur, Henri d'Aguesseau, était réticent aux dragonnades que Nicolas de Lamoignon de Basville prend la tête du Languedoc fin 1685. L'intendant y restera en poste trente-trois ans. Avec son bras droit, le duc de Noailles, lieutenant général du Languedoc, il va orchestrer la répression anti-protestante. Le dernier article de l'édit de révocation ayant ouvert la porte au respect d'une foi privée qui ne quitterait pas les murs du foyer, Basville la referme aussitôt avec l'appui du secrétaire d'État à la guerre, Louvois.

La construction de routes royales

"Il met en place une justice d'exception", résume Philippe Herbster. "Les protestants sont surveillés sans relâche, comme a pu le faire l'abbé du Chayla", qu'il nomme archiprêtre des Cévennes et du Gévaudan, inspecteur des missions et des chemins. Basville fait aménager les voies royales en Cévennes, pour favoriser le commerce et surtout permettre aux troupes royales de circuler plus facilement, transport de canons compris, au cœur d'un quadrillage du territoire. La construction de la route entre Saint-Jean-du-Gard et Florac, l'actuelle Corniche, fait partie des réalisations de l'époque. Basville fait construire un fort à Nîmes, un autre à Alès et un dernier à Saint-Hippolyte-de-Roquefourcade (devenu depuis Saint-Hippolyte-du-Fort).

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Couvent pour les femmes, galère pour les hommes

Il réprime à tout va. "Il condamne en quantité astronomique", résume Philippe Herbster. "Le crime d'assemblée, c'est couvent pour les enfants, prisons pour les femmes, galère pour les hommes et exécutions pour les prédicants. Sa responsabilité, c'est d'avoir été trop répressif. Quand vous soumettez une population à une répression ou une pression extrême, s'il n'y a pas de soupape de sécurité, de lest lâché, c'est comme la machine à vapeur, ça vous pète à la gueule."

Arc de triomphe et statue

Les ordres de missions du roi Louis XIV sont clairs : éradiquer le protestantisme, faire rentrer les impôts royaux, réduire le pouvoir des États du Languedoc, privilégier Montpellier à Toulouse en la transformant en véritable capitale, faire construire pour cela des monuments majestueux. En 1691, Nicolas de Basville fait bâtir la porte du Peyrou – l'arc de Triomphe – à la gloire de Louis XIV. Quatre médaillons réalisés par le sculpteur montpelliérain Philippe Bertrand représentent les temps forts de son règne. L'un d'eux illustre la révocation de l'Édit de Nantes, "la religion catholique terrassant l'hérésie" : une femme nouvelle convertie, à genoux et les mains jointes, se prosterne devant une femme drapée à l'ancienne, figurant la religion catholique qui foule aux pieds un homme à terre représentant l'hérésie protestante. Une statue équestre du roi est également érigée au Peyrou, là encore à Montpellier plutôt qu'à Toulouse. Des atermoiements repoussent de près de trente ans la mise en place de cette œuvre en bronze finalement inaugurée le 27 février 1718, trois ans après la mort de Louis XIV et trois mois avant la retraite de Basville.

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