La neuvième campagne de fouilles sur l'épave de la Lune pourrait être la dernière, selon Olivia Hulot et Michel L'Hour, co-responsables scientifiques de la « Mission Lune 2026 » pour le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm). Découverte par l'Ifremer en 1993, l'épave du trois-mâts de Louis XIV, enfouie sous les sédiments de la Méditerranée au large de Toulon, n'est explorée systématiquement que depuis 2012.
Un chantier-laboratoire pour la robotique sous-marine
Jusqu'à présent, le site a servi de terrain d'essai pour des technologies de pointe : robot humanoïde Ocean One, véhicules sous-marins téléopérés (Rov), scaphandre atmosphérique Newtsuit. « On a fait du site un chantier-laboratoire d'archéologie des grands fonds », explique Olivia Hulot. Des collaborations avec la Marine nationale, l'Ifremer et des universités (Montpellier, Stanford) ont permis de faire évoluer la robotique sous-marine plutôt que de remonter des objets. Mais ce manque de mobilier archéologique exposé au public devient un problème.
Un musée manquant pour un potentiel exceptionnel
« S'il n'y a pas d'écrin pour accueillir le mobilier, le montrer au grand public, ça n'a pas le même intérêt », poursuit Olivia Hulot. Michel L'Hour compare la situation à celle du Vasa en Suède, qui a son propre musée et attire des millions de visiteurs. « Avec la Lune, on parle d'une épave qui est dans le top 10 mondial pour son potentiel archéologique, une épave qui fait rêver. Elle mérite un grand projet national. » L'archéologue appelle à « une fouille extensive et méthodique » du vaisseau de guerre, mais reconnaît que « jusqu'alors, nous n'avons fait qu'effleurer le site ».
Un financement de 8 à 10 millions d'euros nécessaire
Pour lancer un tel chantier, Michel L'Hour estime qu'il faudrait « trouver un mécène pour financer les plongées, la technologie, la restauration et la conservation des objets. Et ça, c'est 8 à 10 millions d'euros… » Sans ces moyens, les archéologues annoncent cesser l'exploration de l'épave, faute de perspective de valorisation publique.



