Le remplacement de l'ascenseur de l'Arc de Triomphe, hors service depuis juillet, nécessitera une opération spectaculaire : l'ouverture d'une partie du toit du monument. Le Centre des monuments nationaux a lancé un marché public pour moderniser l'installation, avec un coût prévisionnel d'environ cinq millions d'euros. Les travaux devraient aboutir en octobre 2027.
Un ascenseur vieillissant, victime des fortes chaleurs
L'appareil, installé en 1997, accuserait sérieusement son âge. Les fortes chaleurs de l'été lui auraient porté le coup de grâce. Depuis juillet, l'ascenseur connaît d'importantes défaillances et est actuellement indiqué « en maintenance » par le Centre des monuments nationaux.
Cette panne n'est pas totalement une surprise. Dès septembre 2025, la CGT alertait sur un appareil vieillissant, qui aurait alors passé environ deux mois par an hors service. Après neuf jours de grève, le remplacement de l'ascenseur avait été promis par le Centre des monuments nationaux. La canicule 2026 aura simplement accéléré le calendrier.
Un chantier complexe sur un monument historique
Le marché public porte sur le remplacement du moteur, de la machinerie, des câbles de traction, des portes, du système de commande, du limiteur de vitesse et des dispositifs de sécurité. Pas question de se contenter de remplacer deux boutons et un câble.
Reste un problème pratique : comment faire entrer le nouveau moteur dans un monument construit au début du XIXe siècle, sans local technique ? La réponse : par le haut. Lors de l'étape la plus spectaculaire du chantier, attendue en octobre 2027, une grande grue doit être installée au pied de l'Arc de Triomphe. Sur la terrasse, l'édicule vitré protégeant la machinerie devra être démonté et une partie de la rambarde descellée. Le toit sera alors ouvert pour permettre de faire descendre les nouveaux équipements à l'intérieur du monument.
Les ouvriers devront également composer avec la présence d'amiante dans le local de la machinerie, ce qui ajoute une contrainte supplémentaire à ce chantier patrimonial.
Des perturbations limitées, mais des fermetures possibles
Une grande partie des interventions doit être réalisée de nuit, à l'intérieur de l'Arc, pendant plusieurs mois afin de limiter les perturbations. La phase nécessitant la grue pourrait toutefois entraîner une fermeture temporaire du monument, dont la durée n'est pas encore déterminée.
En attendant, les visiteurs capables d'emprunter les escaliers ont 284 marches à gravir pour rejoindre la terrasse. L'ascenseur n'est de toute façon pas conçu comme un raccourci pour l'ensemble du public : le Centre des monuments nationaux précise qu'il est destiné aux personnes qui en ont besoin. Pour elles, les pannes répétées constituent surtout un problème d'accessibilité, bien plus qu'une contrariété touristique.
Le chantier doit permettre de fiabiliser définitivement l'installation. Il faudra simplement attendre 2027 pour voir le nouveau moteur arriver, et pour une fois à l'Arc de Triomphe, la grande manœuvre ne passera pas sous l'arche, mais au-dessus.