Le copilote omanais du vol flydubai à destination de Tel Aviv, qui avait attaqué le pilote provoquant un atterrissage d'urgence fin septembre en Arabie saoudite, planifiait une attaque suicide sur l'aéroport de Ben-Gourion, a affirmé vendredi le procureur des Émirats arabes unis, Hamad Saif Al Shamsi.
Selon un communiqué du procureur général émirati, l'enquête a révélé que cet homme de 29 ans « avait commencé à mettre en oeuvre un projet terroriste prémédité visant à prendre le contrôle de l'avion et à l'utiliser pour mener une attaque suicide contre le terminal passagers de l'aéroport Ben-Gourion de Tel Aviv, dans le but de causer le plus grand nombre possible de victimes ».
Un projet inspiré des attentats du 11 septembre 2001
Le procureur a précisé que le copilote s'était inspiré des attentats du 11 septembre 2001 et « a affirmé avoir agi seul, sans l'implication d'autres personnes ». L'enquête se poursuit « afin de vérifier cette affirmation », a-t-il ajouté.
Hamad Saif Al Shamsi a assuré que le copilote remplissait « les conditions professionnelles et de sécurité requises à l'embauche, comme la détention d'une licence de pilote, la présentation d'un certificat de bonne conduite et la soumission aux vérifications requises ». Il a souligné qu'« aucune de ces procédures n'a révélé d'indices laissant supposer ses opinions extrémistes ».
Un endoctrinement débuté en Australie
Le procureur a détaillé que le copilote avait commencé à être influencé par « l'idéologie takfirie », terme désignant généralement les jihadistes ou les partisans de l'islam sunnite radical, à partir de 2017 alors qu'il étudiait en Australie, « en lisant de la littérature extrémiste et en suivant des contenus en ligne glorifiant les organisations terroristes et les attaques suicides ».
Il a ensuite travaillé dans plusieurs compagnies aériennes dans différents pays avant de rejoindre flydubai en janvier 2026. Avant le 30 septembre, il avait volé deux fois pour Tel Aviv « afin de se familiariser avec le plan de vol et l'aéroport », a indiqué le procureur.
L'incident à bord et l'atterrissage d'urgence
Lors de l'attaque à bord de l'avion, dont la majorité des passagers étaient des Israéliens, le commandant de bord a lutté pour ouvrir la porte du cockpit, avant d'être entendu par un autre pilote, qui se trouvait à bord pour assurer le vol de retour. Celui-ci est intervenu et a réussi, avec l'aide d'un membre du personnel de cabine et de plusieurs passagers, à maîtriser l'agresseur, a relaté le procureur.
« Le commandant de bord du vol retour et son copilote ont repris le contrôle de l'avion, modifié sa trajectoire et atterri en toute sécurité à l'aéroport de Tabuk, en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. Après l'atterrissage, des passagers israéliens avaient raconté avoir pris d'assaut le cockpit et s'être battus pour reprendre le contrôle après que l'avion eut soudainement plongé d'environ 17.000 pieds.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait précédemment affirmé que l'assaillant, identifié sous le nom de Hammam Hammami par des médias internationaux, avait sans doute contourné les restrictions empêchant les ressortissants de pays ne reconnaissant pas Israël d'assurer des vols à destination de ce pays. Il avait également déclaré que le suspect avait « subi un endoctrinement islamiste radical ».
M. Netanyahu avait salué pour leur bravoure les passagers israéliens intervenus et le commandant de bord indien, Smit Machchhar, célébré de toutes parts comme un « héros ». Il a ensuite ordonné « un examen approfondi de tous les aspects de la sécurité de l'aviation civile étrangère à destination d'Israël ».
Le parquet continue « d'enquêter sur l'implication éventuelle de complices ou d'autres liens », conclut le communiqué émirati, annonçant que de « nouvelles conclusions seront communiquées en temps voulu ».