Têtes Raides : « Notre boulot, c’est insuffler du rêve » au Festival de Thau
Têtes Raides : « Notre boulot, c’est insuffler du rêve »

Le groupe Têtes Raides, qui fête bientôt quarante ans de carrière, se produit ce vendredi 24 juillet au Port de Mèze dans le cadre du 36e Festival de Thau. Son chanteur Christian Olivier revient sur cette longévité, l'engagement du groupe et l'importance de la poésie face à la montée de l'extrême droite.

Une aventure qui continue depuis près de quarante ans

Interrogé sur les raisons de cette longévité, Christian Olivier explique : « Je dirais que c’est une aventure qui continue. Avec des moments où chacun part dans ses propres aventures. Mais quand on repart sur la route avec Têtes Raides, on relance l’esprit Têtes Raides. » Il souligne que le groupe a évolué mais conserve « cette flamme, cette énergie, cette envie de découvrir des choses et de les partager avec les gens. »

Malgré des projets solo (quatre albums, des livres, des spectacles), Olivier revient toujours au collectif. « Ce sont des occasions qui soudain réenclenchent quelque chose. Pour reprendre la route avec Têtes Raides, il faut que ce soit naturel, pas forcé du tout. » Il admet que la réalité du vieillissement s'impose : « On ne tourne pas de la même façon à 60 piges qu’à 30 ! »

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Des dinosaures qui ont survécu aux modes

Le groupe a traversé plusieurs révolutions technologiques et artistiques. « Nous commençons tranquillement à devenir des dinosaures ! On a démarré avant l’arrivée du CD », rappelle Olivier. Pour lui, l'essentiel est de « faire vraiment ce qu’on a envie de faire » tout en restant ouvert, comme lui-même utilise des machines dans ses projets personnels.

Quant à un nouvel album des Têtes Raides, ce n'est pas d'actualité. « L’idée c’était vraiment de s’offrir cette virée. En janvier, on a passé trois semaines au théâtre Déjazet, à Paris et on a voulu prolonger l’histoire avec les festivals d’été. Mais après, on ne s’est rien fixé, on verra. »

L'engagement politique et la poésie comme réponse

Le groupe, qui avait lancé l'idée du « KO social » il y a plus de vingt ans contre les politiques réactionnaires, continue de s'engager. Récemment, ils ont apporté leur soutien aux syndicalistes menacés d'expulsion par la mairie RN de Carcassonne. « Ce sont les syndicats qui nous ont contactés et la première chose à faire pour nous, naturellement, c’était de passer les voir et de leur témoigner de notre solidarité », explique Olivier.

Il dénonce l'extrême droite : « Tout ce qui est extrême droite, oh non, ce n’est pas notre came ! D’autant moins qu’on le voit : à quoi s’attaquent systématiquement les mairies passées à l’extrême droite ? La culture. Or, il faut le rappeler : sans culture on n’existe pas ; sans culture, un pays se meurt. »

Interrogé sur la fatigue de devoir toujours se battre, il répond : « C’est sans fin… L’Histoire nous l’enseigne : il y a des périodes où tout semble aller bien, qui pourtant basculent, alors il faut toujours rester sur ses gardes, et au combat sur ses idées. » Il déplore l'amnésie collective : « On sait ce que certaines idées ont produit comme horreurs par le passé mais non, on ne retient pas la leçon ; l’humain a un souci là-dessus ! »

Pour Olivier, la meilleure réponse est la poésie : « Notre métier, mieux : notre passion, et carrément notre vie c’est de chanter des chansons. C’est de proposer une autre réponse que l’affrontement, que la violence. Il y a mieux à faire : écouter de la musique, prendre un bouquin, s’évader dans l’imaginaire, rêver, se faire du bien puis en faire aux autres. »

Une soirée festive et rock'n'roll au Festival de Thau

Après une première soirée cumbia et reggae, le Festival de Thau passe en mode chanson rock'n'roll ce vendredi 24 juillet avec Têtes Raides et Sanserino. Stéphane Sanseverino, qui ne renie pas son succès avec « Le tango des gens », s'épanouit désormais avec le Shuffle Enterprise, un vaisseau musical mêlant rockab', blues, boogie. Accompagné de Sylvain Tejerizo (sax), Nicolas Dubouchet (contrebasse) et Yann Vicaire (batterie), il promet un spectacle vivant et drôle.

Le concert a lieu au port de Mèze, ouverture du site de 19 h à 1 h. Tarifs : 15 € à 38 €, gratuit pour les moins de 12 ans. Informations sur festivaldethau.com.

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