Superbus : Jennifer Ayache se livre sur la scène et ses reprises
Superbus : Jennifer Ayache se confie sur scène et reprises

Jennifer Ayache, chanteuse de Superbus, a sorti cet été une reprise du tube de t.A.T.u. « About Us (Toi et moi) », premier extrait d'un EP de reprises. Elle se produira à l'Accor Arena de Paris le 24 novembre avec son groupe, une première pour la formation.

Une reprise spontanée de t.A.T.u.

« C'est vraiment très spontané et simple. Je m'amuse souvent à faire de petites covers comme ça, pour moi, de chansons que j'aime bien », explique Jennifer Ayache. En tournée avec Superbus, elle a eu envie de « prendre un peu l'air » et de tenter cette reprise. Le duo russe t.A.T.u., apparu au début des années 2000, a marqué son adolescence : « Ça m'a donné une espèce d'impulsion de voir ces deux filles qui osaient. Il y avait un truc un peu dérangeant, interdit dans leur concept. »

Cette reprise est le premier extrait d'un EP de reprises de titres des années 1990-2000. « Je ne reprends que des titres des années 1990-2000. Comme je suis une bonne millenial, ce sont des chansons qui m'ont marquée », précise-t-elle. Elle a choisi des morceaux « dont on ne se rappelle pas forcément », comme un titre de K's Choice.

Différences entre le groupe et le projet solo

Jennifer Ayache distingue son travail en groupe de son projet personnel. « Quand on est en groupe, on discute, on se fait écouter les choses, on partage. L'EP de reprises, c'est un peu plus personnel. Ce sont mes choix, que j'assume complètement », dit-elle. Elle se sent « peut-être un peu plus libre », même si elle est « très heureuse dans Superbus ». Elle avait déjà sorti un premier album solo en 2014, vécu comme « une petite respiration pendant une tournée ».

Superbus a traversé une période de moindre visibilité médiatique, sans jamais arrêter les concerts. « On n'a pas sorti d'album pendant dix ans mais on jouait partout, tout le temps », rappelle-t-elle. Cette période a été nécessaire pour se recentrer, et elle n'a pas été difficile à vivre puisque le groupe jouait toujours.

La pression du succès et le burn-out

Jennifer Ayache a connu un succès précoce : elle écrivait ses premières chansons à 15 ans et a créé Superbus à 16 ans. Mais la réalité a été différente de ses rêves. « Quand ça a commencé à fonctionner pour nous, je ne l'ai pas hyperbien vécu parce qu'il y avait beaucoup de pression », confie-t-elle. Introvertie et timide, monter sur scène à 17 ans était un effort. Elle a fait « un petit burn-out à 19 ans » et a dû s'arrêter.

Aujourd'hui, elle estime qu'un groupe comme Superbus n'aurait pas le même destin s'il se lançait à l'ère de TikTok. « Il y a tellement d'infos, d'artistes très bons. Il n'y a plus de tubes, il n'y a plus de stars. C'est plus fragmenté », dit-elle. Elle souligne la chance d'avoir émergé avant la vague des réseaux sociaux, qui rend les choses « très éphémères ».

« Lola », un tube précurseur

La chanson « Lola », sortie en 2006, a eu une seconde vie grâce à une version avec Nicola Sirkis et Hoshi. Jennifer Ayache ressent « une espèce de fierté » de voir que cette chanson a aidé des gens à se découvrir. « En 2006, il m'était compliqué d'assumer mon orientation sexuelle », rappelle-t-elle. Elle se dit « pionnière malgré elle » : « Au départ, l'idée n'était pas de faire un coming out. J'essayais d'exprimer un truc. »

Elle a beaucoup parlé avec Hoshi de leurs vécus respectifs. Hoshi lui a confié que « Lola » l'avait marquée et l'avait aidée à faire de la musique. Jennifer Ayache s'interroge sur les insultes qu'Hoshi a reçues après avoir embrassé sa danseuse aux Victoires de la musique, alors qu'elle-même n'a pas subi ce genre de choses. « Pourquoi elle plus que moi ? On a le même genre de vie. Pourquoi je ne reçois pas ce genre de message ? C'est encore une grosse question pour moi », dit-elle.

La peur de la scène s'est estompée avec le temps. « Ce n'est que récemment que je commence à prendre un plaisir fou sur scène », confie-t-elle. Le concert à l'Accor Arena le 24 novembre sera une première pour Superbus, qui fête plus de vingt-cinq ans d'existence. « C'est notre première fois à Bercy. Donc, c'est une date très particulière », conclut-elle, annonçant « un gros, gros show ».