Le Quatuor Modigliani, figure incontournable de la scène classique internationale, poursuit son été musical sur la Côte d'Azur. Après avoir clôturé fin juillet le Festival de Saint-Paul-de-Vence, dont il est l'un des piliers fondateurs, l'ensemble se produira le 9 août au château de la Moutte à Saint-Tropez. Une soirée exceptionnelle qui mêlera musique de chambre et littérature, avec la participation du comédien Guillaume Gallienne.
Un festival né d'un coup de cœur
L'aventure du Festival de Saint-Paul-de-Vence a commencé modestement en 2011 avec un seul concert. Quinze ans plus tard, l'événement est devenu un rendez-vous majeur de l'été musical azuréen, déployé entre la Fondation Maeght, la Fondation CAB et la place de la Courtine. Pour Loïc Rio et François Kieffer, violonistes du Quatuor Modigliani, ce festival est le fruit d'une histoire personnelle et d'un attachement profond au village.
« Ce qui est chouette, c'est qu'on a vu ce festival grandir presque en parallèle de la carrière de notre quatuor », confie Loïc Rio. À l'origine, une rencontre : « Nous étions alors étudiants, nous sommes venus séjourner ici, et on est tombé amoureux du village et de ses habitants car on y a été très bien accueillis. Il y avait à l'époque une municipalité très partante pour organiser un festival car il y avait beaucoup d'artistes à Saint-Paul mais finalement peu de musique. »
Une programmation éclectique et accessible
Le festival se distingue par sa volonté de rendre la musique classique accessible dans une atmosphère détendue, tout en faisant dialoguer des artistes de premier plan avec des lieux emblématiques. L'édition 2026 a ainsi accueilli des talents variés : le pianiste Philippe Jaroussky (contreténor), la pianiste Vanessa Wagner, le saxophoniste Émile Parisien, la chanteuse Yara Bernette, le violoniste Christian Tetzlaff et le pianiste britannique Benjamin Grosvenor. Le violoncelliste Edgar Moreau a également rejoint le Quatuor Modigliani sur scène le 24 juillet, pour un concert salué par une ovation sous les étoiles.
« Edgar est un ami de longue date. Nous avons été l'un des premiers ensembles à jouer avec lui au début de sa carrière », rappelle François Kieffer. Cette fidélité aux artistes et au public fait la force du festival, qui a su créer une atmosphère unique, loin des grandes salles conventionnelles.
Le plein air, une expérience unique
Jouer en plein air n'a rien d'anodin pour les musiciens habitués aux acoustiques maîtrisées des salles de concert. « Dans une salle de concert, on entendrait voler une mouche. Ici, on n'est pas à l'abri d'un avion qui passe », s'amuse François Kieffer. Mais l'expérience est incomparable : « Ici on peut s'évader. On a une vue à 360 degrés et on assiste au coucher du soleil. Cela nous permet d'apprécier la musique dans un environnement totalement différent. C'est presque la plus grande salle de concert où l'on joue. Peut-être la plus belle. »
Saint-Tropez : un retour aux sources
Le 9 août, le Quatuor Modigliani se produira au château de la Moutte à Saint-Tropez, un lieu chargé d'histoire pour l'ensemble. C'est en effet là, en août 2003, que les quatre membres ont travaillé pour la première fois sur La Jeune Fille et la Mort de Schubert. Vingt-trois ans plus tard, ils y reviennent pour une création originale mêlant les quatuors de Beethoven aux textes de Marcel Proust, avec la complicité de Guillaume Gallienne. Une première pour le quatuor, qui promet une expérience inédite.
« C'est une nouvelle façon de faire entendre les œuvres », explique Loïc Rio. Le concert aura lieu à 21 heures, avec des tarifs allant de 30 à 80 euros. Les réservations sont disponibles sur le site des Nuits du château de la Moutte.
Un engagement durable
Quinze ans après les débuts du festival de Saint-Paul-de-Vence, le Quatuor Modigliani n'a rien perdu de son envie de transmettre, de surprendre et de partager. Entre fidélité à leurs racines azuréennes et ouverture vers de nouveaux horizons, les musiciens continuent d'écrire une histoire musicale singulière, portée par la passion et l'exigence.



