Le Festival d'Avignon 2026 a réservé une place de choix à la création sud-coréenne Muljil, de la compagnie Jaha Bong. Présentée dans la cour du lycée Saint-Joseph, cette performance immersive de 70 minutes plonge le public dans un univers aquatique et toxique, où l'eau, élément vital, devient vecteur de destruction.
Un spectacle sans parole mais pas sans message
Sans texte, Muljil (qui signifie « eau » en coréen) utilise la vidéo, la danse et la manipulation d'objets pour dénoncer la pollution industrielle. Le metteur en scène Jaha Bong explique : « Nous voulons montrer comment l'eau, source de vie, est transformée en poison par l'activité humaine. » La scène est dominée par un écran géant qui projette des images de rivières polluées, de déchets plastiques et de poissons morts, tandis que les performers évoluent dans des bassins d'eau teintée de noir.
Un dispositif technique bluffant
Le plateau est recouvert d'une fine couche d'eau, sur laquelle les acteurs glissent et tombent, créant des ondulations captées par des caméras et retransmises en direct. Ce dispositif, conçu par le vidéaste Kim Min-ki, génère des motifs hypnotiques qui évoquent les marées noires. Selon Jaha Bong, « le public est immergé dans un flux visuel qui le désoriente, pour mieux le sensibiliser à la crise écologique. »
Un succès critique et public
La pièce a été saluée par la critique pour sa puissance visuelle et son engagement. Le journal Le Monde y voit « une expérience sensorielle totale, qui fait écho aux catastrophes environnementales contemporaines ». Les 200 places de chaque représentation affichent complet depuis l'ouverture du festival, avec un taux de remplissage de 100 %.
Un contexte de mobilisation écologique
La programmation de Muljil s'inscrit dans un festival marqué par les enjeux environnementaux. Plusieurs spectacles abordent la crise climatique, et des débats sont organisés avec des scientifiques. Jaha Bong conclut : « L'art peut provoquer une prise de conscience, mais il faut agir concrètement. »



