Mosimann, l'artiste électro qui refuse de choisir
DJ, producteur, chroniqueur… Mosimann accumule les rôles sans jamais vraiment trancher. À 38 ans, l'artiste franco-suisse s'impose comme une figure singulière sur la scène électro française, capable de naviguer entre le studio et la scène, les réseaux sociaux et la radio avec une aisance remarquable. Sa méthode repose sur des expérimentations constantes, des contraintes créatives et des remises en question permanentes. « Je repars toujours d'une feuille blanche et j'essaie de me dire que tout est possible », confie-t-il avec conviction. Dix-huit ans après sa victoire à la Star Academy 7, il connaît une année particulièrement riche en actualités.
Production et scène : un équilibre délicat
Pour Mosimann, il n'existe aucune hiérarchie entre le travail en studio et les performances sur scène. L'artiste préfère évoquer une complémentarité essentielle. « Je mettrais les deux égaux sur une balance. Produire, c'est imaginer… jouer, c'est le moment de vérité », explique-t-il avec précision. D'un côté, la production représente l'espace où tout reste envisageable. De l'autre, la scène constitue l'instant où tout se décide réellement. « Produire, c'est se projeter, se dire que ça pourrait marcher, que ça pourrait être cool. »
Mais c'est véritablement face au public que la musique prend vie et révèle toute sa puissance. « Je compare souvent la musique à l'amour. C'est comme faire un date… Tu espères que ça va bien se passer, qu'on va s'entendre, qu'on va rigoler. Et après, tu rencontres les gens. » Cette approche instinctive de son métier laisse toujours une place primordiale à l'émotion, au-delà de la simple technique.
Tomorrowland Winter : une expérience magique
C'est précisément cette émotion qu'il a ressentie face au public de Tomorrowland Winter, où 20 Minutes a pu le rencontrer il y a quelques semaines à l'Alpe d'Huez. « C'était magique. Il y avait une ambiance spéciale. Spéciale parce que j'étais partagé entre le chauvinisme et l'excitation », répond-il, un sourire aux lèvres. « C'est mon premier vrai Tomorrowland. Je suis extrêmement heureux et puis extrêmement reconnaissant des gens qui sont venus me voir jouer. »
Les Dream Tracks : carrés dans des ronds
Ces dernières années, Mosimann s'est imposé avec son concept innovant des « Dream Tracks », une idée simple en apparence mais exigeante dans sa réalisation : demander à des personnalités leur titre de rêve. « Je rencontre des gens d'univers très différents qui me demandent des trucs un peu fous », raconte-t-il avec enthousiasme. De ces échanges naissent régulièrement des collaborations inattendues, comme avec Alain Chabat, Alexandre Astier ou plus récemment Artus.
Mais derrière cet exercice ludique se cache une véritable philosophie de création. « Se forcer à faire rentrer des carrés dans des ronds… tu te dis que ça ne va pas marcher, mais il faut croire que ça va marcher ». Récemment, il a même pu publier sur les plateformes deux nouveaux remix inédits. « J'ai fait un Dream Track avec Tribz sur le titre "Halo", explique-t-il. « Et juste après, j'y ai rencontré Skip The Youth qui ont été complètement fous. Mad Bastard m'a dit "j'aimerais bien que tu remixes un vieux titre à nous", il a dit oui pour faire une nouvelle version. Il m'a dit "fais ce que tu veux" et c'est devenu ce fameux titre "Ghost". »
Le succès qui continue d'étonner
Malgré ses nombreuses années de carrière, Mosimann conserve un regard presque émerveillé sur son succès grandissant. « Le plus fou pour moi aujourd'hui, c'est de me dire qu'il y a des gens qui achètent des tickets pour venir me voir ». Et des billets, il en vend effectivement beaucoup. Après avoir écoulé intégralement un premier Zénith de Paris prévu le 17 octobre prochain, l'artiste a annoncé une seconde date le 18 octobre, également sold out.
Derrière chaque billet vendu, il imagine avec précision tout ce que cela implique pour ses fans. « Moi, je sais ce que ça me coûte d'aller sur un site, de prendre un ticket, de réserver une date. Parfois, les gens doivent faire garder leurs enfants ». Cette conscience aiguë du public et de son engagement nourrit continuellement sa démarche artistique unique, entre humilité et ambition créative.



