Dans plusieurs villages du Pas-de-Calais, l'avenir des écoles primaires est incertain. La baisse démographique et le manque d'élèves menacent directement leur existence. Selon l'inspection académique, certaines communes pourraient perdre leur unique établissement scolaire à la rentrée prochaine.
Une situation alarmante dans le Boulonnais
À Colembert, petite commune de 800 habitants, l'école maternelle et primaire accueille aujourd'hui 45 élèves. Un chiffre insuffisant pour justifier son maintien selon les critères départementaux. « Sans école, le village perd son cœur battant », déplore le maire, Jean-Pierre Leduc. Les parents d'élèves ont lancé une pétition qui a recueilli plus de 300 signatures en une semaine.
Même constat à Nabringhen, où l'école à classe unique ne compte plus que 12 élèves. La directrice académique a annoncé une fermeture programmée pour septembre 2025. « C'est une catastrophe pour les familles, qui devront parcourir plusieurs kilomètres pour emmener leurs enfants à l'école », témoigne une mère de famille, Sophie Delattre.
La mobilisation des parents et des élus
Face à ces menaces, un collectif de parents d'élèves s'est formé. « Nous ne laisserons pas fermer nos écoles sans nous battre », affirme le porte-parole du collectif, Marc Dufour. Des rassemblements sont prévus devant les mairies, et une rencontre avec le préfet est demandée.
Les élus locaux soutiennent la mobilisation. Le député de la circonscription, Pierre-Henri Dumont, a interpellé le ministre de l'Éducation nationale. « Ces écoles sont essentielles à la vitalité de nos campagnes. Le gouvernement doit revoir ses critères de fermeture », a-t-il déclaré.
Des conséquences sur la vie des villages
La fermeture d'une école a des répercussions bien au-delà de l'éducation. « C'est tout le tissu social qui se délite », explique le maire de Colembert. Les commerces de proximité, déjà fragiles, risquent de disparaître. Les jeunes couples avec enfants hésitent à s'installer dans une commune sans école.
Selon une étude de l'Association des maires ruraux, 40 % des communes de moins de 500 habitants ont perdu leur école en vingt ans. Le Pas-de-Calais est l'un des départements les plus touchés, avec une baisse de 15 % du nombre d'élèves dans le rural depuis 2010.
Quelles solutions alternatives ?
Certaines communes expérimentent des regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI). À Seninghem, trois villages se sont associés pour maintenir une école commune. « C'est une solution, mais elle impose des déplacements quotidiens aux enfants », souligne l'instituteur, Julien Morel.
D'autres misent sur l'attractivité : rénovation des locaux, classes numériques, accueil périscolaire. « Nous devons innover pour garder nos écoles », conclut le maire de Colembert.



