Les épargnants français se ruent sur l'assurance-vie
Les épargnants français se ruent sur l'assurance-vie

En 2026, l'assurance-vie connaît un engouement sans précédent en France, avec une collecte nette record de 35 milliards d'euros, selon les données publiées par la Fédération française de l'assurance (FFA). Ce chiffre dépasse le précédent record de 2019, qui s'élevait à 30 milliards d'euros. Les épargnants français plébiscitent ce placement traditionnel, attirés par la remontée des taux d'intérêt et les avantages fiscaux.

Des taux d'intérêt en hausse

La hausse des taux d'intérêt décidée par la Banque centrale européenne (BCE) a directement profité aux fonds en euros de l'assurance-vie, dont le rendement moyen est passé de 1,5 % en 2025 à 2,8 % en 2026. "Les épargnants retrouvent un rendement attractif sans risque, ce qui explique cet afflux massif", commente Jean-Pierre Mustier, président de la FFA. Les unités de compte, plus risquées, ont également séduit, représentant 40 % des cotisations.

Une fiscalité toujours avantageuse

La fiscalité de l'assurance-vie reste un atout majeur. Après huit ans de détention, les gains sont soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 7,5 % (hors prélèvements sociaux), bien inférieur au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % applicable aux autres placements. "C'est un placement défiscalisant qui permet de transmettre son capital dans des conditions favorables", souligne un conseiller en gestion de patrimoine interrogé par Le Monde.

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Les profils des épargnants

Selon la FFA, les souscriptions proviennent majoritairement de personnes âgées de 50 à 70 ans, qui cherchent à préparer leur retraite ou à optimiser leur succession. Cependant, les jeunes actifs (25-40 ans) représentent une part croissante des nouveaux contrats, attirés par la flexibilité des supports en unités de compte. "L'assurance-vie n'est plus réservée aux seniors. Les jeunes y voient un moyen de se constituer un capital à long terme", explique un analyste financier.

Impact sur le marché financier

Cette ruée vers l'assurance-vie a des répercussions sur les marchés financiers. Les assureurs ont investi une partie des cotisations dans des obligations d'État et des actions, soutenant ainsi la demande pour ces actifs. "Cela contribue à la stabilité du marché obligataire français", note un économiste. En parallèle, le Livret A et le LDDS, dont les taux sont moins attractifs (2,5 % en 2026), ont enregistré une collecte nette en baisse de 15 % sur la même période.

Perspectives pour 2027

Les experts anticipent une poursuite de cette tendance en 2027, même si une légère décélération est possible. "Si les taux d'intérêt se stabilisent, l'assurance-vie restera compétitive, surtout si la fiscalité n'est pas modifiée", prévoit un analyste. Le gouvernement, qui réfléchit à une réforme de l'épargne réglementée, pourrait toutefois ajuster les règles, ce qui influencerait les choix des épargnants.

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