« La Vie parisienne » au Châtelet : la basse-cour survoltée de Valérie Lesort
« La Vie parisienne » au Châtelet : la basse-cour survoltée

La nouvelle production de « La Vie parisienne » au Théâtre du Châtelet, mise en scène par Valérie Lesort, transforme l’opérette d’Offenbach en une basse-cour survoltée. Le spectacle, présenté du 10 juin au 5 juillet 2026, revisite l’œuvre avec un humour débridé et une énergie rock, tout en conservant la satire sociale qui a fait le succès de l’original.

Un choc des genres pour un Offenbach revisité

Valérie Lesort, connue pour son travail avec la compagnie Les Chanteurs d’Oiseaux, propose ici une mise en scène audacieuse. Elle mêle chant lyrique, théâtre de boulevard et musique live jouée par un orchestre de 12 musiciens. Le décor, conçu par Emmanuel Clolus, évoque un Paris du Second Empire revisité avec des éléments contemporains, comme des smartphones et des costumes aux couleurs fluorescentes.

« Nous avons voulu dépoussiérer l’opérette tout en respectant l’esprit d’Offenbach, explique la metteuse en scène. Le rire et la critique sociale sont intacts, mais nous les habillons d’un langage scénique d’aujourd’hui. » Le spectacle dure 2h30 sans entracte, avec une distribution de 15 comédiens-chanteurs et 3 danseurs.

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Une distribution éclatante

Dans le rôle-titre de Raoul de Gardefeu, le ténor Julien Behr livre une performance remarquable, alliant virtuosité vocale et jeu comique. La soprano Marie Perbost incarne une Métella pétillante, tandis que le baryton Marc Mauillon campe un Baron de Gondremarck truculent. Les chorégraphies de Johana Malédent apportent une touche de modernité, avec des clins d’œil à la danse contemporaine et au hip-hop.

Le public, composé de 80% de Parisiens et de touristes étrangers, a réservé un accueil enthousiaste lors de la première. Selon un spectateur interrogé, « c’est du Offenbach comme on n’en a jamais vu, drôle et décoiffant ». Les critiques saluent également la direction musicale de Jérôme Kuhn, qui a réorchestré la partition pour un ensemble réduit, rendant la musique plus incisive.

Un pari réussi pour le Châtelet

Le Théâtre du Châtelet, qui traverse une période de renouveau sous la direction de Ruth Mackenzie, mise sur des productions populaires et audacieuses. « La Vie parisienne » s’inscrit dans cette stratégie : le spectacle affiche un taux de remplissage de 95% pour les 25 représentations prévues. Les recettes, estimées à 1,2 million d’euros, devraient contribuer à l’équilibre financier du théâtre.

« Nous voulons attirer un public jeune et diversifié, explique Ruth Mackenzie. Cette production prouve que l’opérette peut parler à tous, sans perdre son âme. » Le spectacle sera également diffusé en direct sur la plateforme Culturebox le 20 juin, permettant une audience plus large.

Une satire toujours d’actualité

L’intrigue de « La Vie parisienne » reste fidèle à l’original : un tourbillon de quiproquos et de mondanités, où des provinciaux et des étrangers tentent de percer dans la haute société parisienne. Lesort y ajoute des références à l’actualité, comme le culte des réseaux sociaux et les inégalités sociales. « Offenbach se moquait déjà de la superficialité de son époque, dit-elle. Aujourd’hui, avec les influenceurs et le paraître, c’est encore plus pertinent. »

Le spectacle s’achève sur un final débridé, où les personnages dansent sur un mashup de cancan et de musique électronique. Une façon de rappeler que, malgré les siècles, la satire reste un miroir tendu à la société.

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