Keltia Morlenn : la musique celtique résonne fort à Toulon
Du prestigieux stade Mayol à la place de l'Équerre, le groupe de musique celtique Keltia Morlenn trace sa route avec détermination dans la ville de Toulon. Fondé par d'anciens musiciens militaires, cette formation unique a déjà fait vibrer des milliers de spectateurs au son envoûtant des cornemuses, créant une véritable fusion entre héritage celtique et énergie contemporaine.
Des débuts militaires à une passion partagée
L'aventure de Keltia Morlenn trouve ses racines dans une frustration créative et un désir profond de continuer à jouer. Romain et Avel, deux membres fondateurs, participaient auparavant à des prestations militaires au sein de la Marine nationale, intégrés au bagad de Saint-Mandrier où ils maîtrisaient déjà la cornemuse. « En quittant la presqu'île, ça nous embêtait de perdre ça », confie Romain, évoquant cette période charnière.
Avec un troisième musicien, ils décident alors de recréer un groupe, mais avec une approche « plus ouverte », loin du cadre strictement militaire. Très rapidement, le projet prend une ampleur inattendue, attirant des musiciens venus d'horizons divers qui enrichissent la formation de leurs parcours variés.
Une fusion entre tradition et modernité
La force de Keltia Morlenn réside précisément dans ce mélange assumé entre différentes influences celtiques. « On voulait faire du celtique au sens large : breton, écossais, irlandais… Tout mélanger », précise Romain avec conviction. Le nom du groupe illustre parfaitement cette philosophie, combinant « Keltia » qui désigne les Celtes avec « Morlenn » qui signifie la rade en breton, créant ainsi un pont symbolique entre la culture celtique et la rade de Toulon.
Sur scène, cette fusion prend vie de manière spectaculaire. Entre tradition respectueuse et modernité accessible, le groupe adapte son répertoire pour toucher un public large et diversifié. « Tant que c'est dansant, ça plaît », résume simplement Avel, tandis que Romain ajoute : « Quand les gens se mettent à danser, je sais pourquoi je suis là. »
Des moments marquants et une identité forte
Le concert au stade Mayol en décembre 2024 reste un moment phare dans l'histoire du groupe. Jouer devant un large public dans ce lieu emblématique représentait à la fois « un honneur et un stress énorme » selon Romain. Pourtant, malgré ce prestigieux événement, Keltia Morlenn conserve jalousement son esprit amateur authentique. « On a tous un métier à côté », rappelle Avel, soulignant que les répétitions hebdomadaires et les concerts s'organisent autour d'une passion commune plutôt que d'ambitions professionnelles démesurées.
Certains rituels scéniques résument à eux seuls l'essence du groupe. Comme cette danse bretonne traditionnelle qui revient systématiquement lors de chaque représentation : « Il y a toujours un petit groupe qui lance la ronde, et d'autres suivent. C'est ça, l'esprit du groupe », expliquent les musiciens.
Ambitions et transmission à Toulon
Implanté à Toulon, loin des terres celtiques historiques, Keltia Morlenn joue habilement sur l'effet de surprise. « Ce n'est pas courant ici, donc ça intrigue », souligne Avel, reconnaissant que cette rareté constitue un atout certain dans la région.
Pour l'avenir, les ambitions du groupe restent mesurées mais bien réelles : « Faire plus de scènes, participer à des festivals, sans jamais perdre le plaisir de jouer », expliquent-ils unanimement. Cependant, leur projet le plus cher concerne la transmission : « Ici, à Toulon, il n'y a pas d'école de cornemuse. On aimerait vraiment développer ça », confient-ils avec une sincère volonté pédagogique.
À travers leurs performances énergiques, Keltia Morlenn continue ainsi de faire vivre une culture venue d'ailleurs au cœur de la rade toulonnaise. Leur musique, qu'ils décrivent comme « donnant envie de bouger », transforme régulièrement les espaces publics en véritables pistes de danse celtique, prouvant que la tradition peut trouver une résonance vibrante bien au-delà de ses terres d'origine.



