Le Hamas a annoncé ce vendredi 31 juillet 2026 un accord avec Israël portant sur la deuxième phase de leur trêve. Ce nouvel accord lie le désarmement du mouvement islamiste palestinien à un retrait israélien de la bande de Gaza. La première phase du cessez-le-feu, conclue en octobre 2025, s'était achevée en janvier et avait permis la libération des derniers otages israéliens enlevés le 7 octobre 2023, en échange de Palestiniens détenus par Israël.
Selon le Hamas, l'accord sur la deuxième phase prévoit « le retrait progressif des forces israéliennes de la bande de Gaza » lié à un désarmement du mouvement palestinien dans lequel Israël ne sera pas impliqué, ainsi que le déploiement d'une force internationale. « Il s'agit d'un cadre intégré dont les composantes doivent rester interconnectées », a déclaré à l'AFP Ghazi Hamad, membre de l'équipe de négociation du Hamas. Il a ajouté que les autres milices armées à Gaza doivent également être démantelées. De son côté, le président américain Donald Trump a affirmé que l'accord prévoit « le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza ».
Qui mettra en œuvre l'accord ?
Une institution créée en janvier par Donald Trump, le « Conseil de paix », occupe un rôle central dans la mise en œuvre. D'après le Hamas, le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organisme de technocrates palestiniens institué par ce conseil pour gérer la reconstruction de l'enclave, sera la seule entité habilitée à dresser l'inventaire des armes et à les stocker.
Après le retrait israélien, une Force internationale de stabilisation (ISF), structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du « Conseil de paix », collaborera « avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza », a précisé Donald Trump. Le « Conseil de paix » a également indiqué que le NCAG « entamera bientôt une transition progressive vers l'exercice de l'autorité pleine et entière, soutenue par la Force internationale de stabilisation ».
Un calendrier à définir sous médiation
Le Hamas a fait savoir qu'il allait discuter des modalités de mise en œuvre avec les médiateurs, notamment l'Égypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, et convenir d'un calendrier pour l'exécution de l'accord. Ce processus devrait prendre au moins deux semaines. Une réunion des médiateurs est prévue prochainement au Caire.
« Nous devons nous mettre d'accord sur chaque détail : la manière dont l'accord sera appliqué, le moment où il le sera et les mécanismes permettant sa mise en œuvre. C'est ce qui se passera dans les prochains jours », a expliqué Ghazi Hamad. Israël n'a pas réagi dans un premier temps à l'annonce faite par Donald Trump et le Hamas. « L'accord contient une disposition claire stipulant qu'Israël doit s'engager à respecter et à mettre en œuvre ses obligations. Si Israël n'applique pas l'accord, nous ne le ferons pas non plus », a prévenu M. Hamad.
Sur le terrain, la trêve reste fragile
Depuis l'entrée en vigueur de la trêve en octobre 2025, Israël continue de mener des frappes quasi quotidiennes à travers la bande de Gaza, dont il contrôle plus de 60 %. Des dizaines de milliers de personnes vivent toujours sous des tentes dans le territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre.
Au moins 1 214 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis l'annonce du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. L'armée israélienne a dit avoir perdu cinq soldats dans la bande de Gaza durant la même période, ainsi qu'un employé civil sous contrat. Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à la bande de Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur le terrain.



