Kareen Guiock Thuram rend hommage à Nina Simone à Grimaud
Kareen Guiock Thuram rend hommage à Nina Simone à Grimaud

Le visage bien connu de l'information sur M6 se glisse dans la peau d'une chanteuse de jazz. Ce mardi 4 août, Kareen Guiock Thuram donne rendez-vous au public des Grimaldines, à Grimaud, pour son spectacle consacré à Nina Simone. Un projet né il y a trois ans, qui a déjà conquis près d'une centaine de scènes.

« Il faut inclure les éléments comme faisant partie du spectacle. Il faut s'adapter, mais cela permet aussi d'être directement en contact avec le ciel, les étoiles. C'est très magique », sourit celle qui va investir le théâtre du Château en plein air.

Un hommage en mouvement permanent

Après avoir tourné pendant plusieurs années, la journaliste et chanteuse estime que son spectacle est arrivé à maturité. « On a fait près d'une centaine de concerts, on peut dire que le spectacle est mûr. C'est un vrai bonheur », dit-elle. Elle insiste sur la complicité qui s'est installée avec ses musiciens : « On a cette liberté de créer en temps réel, de se suivre au gré d'une note, d'un changement de rythme… »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« Ce qui est génial avec le jazz, c'est qu'il n'y a jamais de routine. On change tout le temps, chacun amène son énergie. Le spectacle est toujours en mouvement. Et plus le public est généreux, plus il nous pousse à aller loin », ajoute-t-elle.

Nina Simone, une voix pour la justice

Pour Kareen Guiock Thuram, Nina Simone est bien plus qu'une chanteuse. « C'est une voix. Un jeu de piano. Une signature. Mais surtout un être humain d'une absolue rectitude. Elle était au service de l'égalité et de la justice, sans jamais faire de compromis. Les droits civiques étaient son combat, et sa musique l'a servi. C'est une artiste au sens le plus noble du terme. La musique, l'art en général, sert aussi à cela : rendre le monde meilleur », confie-t-elle.

Interpréter ce répertoire ne lui fait pas peur. « Non, car c'est la tradition du jazz de réinterpréter les standards. Nous l'avons fait avec un profond respect pour son élégance et son authenticité, mais aussi avec notre identité et notre liberté. Le propos, c'est de lui rendre hommage en respectant sa philosophie et son message, tout en étant moderne. Je ne la chante pas comme elle le faisait dans les années 1960. Je n'ai pas son vécu, ni les mêmes blessures, mais je peux utiliser les mêmes mots pour transmettre mes propres émotions », explique-t-elle.

Une journaliste qui s'autorise à chanter

Connue du grand public pour ses présentations sur M6, Kareen Guiock Thuram a dû surmonter certaines appréhensions avant de monter sur scène. « Ma grande crainte était que l'on m'interdise, même inconsciemment, d'être chanteuse. Je devais surtout m'affranchir du regard que les autres pouvaient porter sur moi. J'ai toujours chanté, je montais déjà sur scène. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant : « Je veux chanter. » Ça a toujours été là, mais ce projet demandait un alignement des planètes. Une fois que tout était réuni, il n'était plus concevable de ne pas aller jusqu'au bout », raconte-t-elle.

Le milieu du jazz a néanmoins pu se montrer méfiant. « Oui, il pouvait y avoir ce biais de me voir comme « la journaliste qui chante ». Mon équipe l'a très vite compris. Lors des premières écoutes, certains réagissaient en disant : « Ça ne casse pas trois pattes à un canard, c'est une journaliste qui chante. » Alors nous avons organisé des écoutes à l'aveugle, en envoyant l'album sans mon nom ni aucune image. Les retours ont été complètement différents. Nous avons même signé de nombreux concerts avant que les programmateurs sachent qu'il s'agissait de moi », se souvient-elle.

Concilier information et musique

Assumer ces deux carrières demande une organisation rigoureuse. « C'est beaucoup de fatigue, mais surtout une question d'organisation. Avant la sortie de l'album, je présentais le JT le midi et je chantais le soir dans les clubs de jazz. C'était épuisant et ce n'était pas tenable. Désormais, j'ai des journées entièrement consacrées au journalisme et d'autres entièrement dédiées à la musique », précise-t-elle.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Loin de les opposer, elle voit une continuité entre ses deux vies. « Finalement, ces deux métiers ne sont pas si éloignés. Comme journaliste, je suis au service de l'information et du public. Comme artiste, je suis au service des émotions, mais toujours du public », conclut-elle.

Infos pratiques

Le spectacle aura lieu mardi 4 août à 22 heures au théâtre du Château à Grimaud. Le tarif est fixé à 25,99 euros. Les réservations et renseignements sont disponibles sur le site des Grimaldines.