Le week-end dernier, Boy George a mis en ligne une chanson reggae qui ne passe pas inaperçue. Intitulée « We Will Dance Again », également déclinée en hébreu sous le titre « Od Nirkod », elle a été publiée avec la simple légende « Shalom ». Dans ce morceau, le chanteur de Culture Club, âgé de 65 ans, écarte explicitement le terme de « génocide » pour décrire l'opération militaire israélienne menée à Gaza. Un vers résume sa position : « Vous dites génocide, moi je dis guerre ».
Une devise devenue symbole depuis le 7-Octobre
Le choix du titre n'a rien d'anodin. « We Will Dance Again », que l'on peut traduire par « nous danserons à nouveau », est devenu une devise de la résilience des Israéliens après l'attaque du 7 octobre 2023. En adoptant cette formule, Boy George s'inscrit dans une symbolique forte et réaffirme son soutien à l'État hébreu. La mention « Shalom », ajoutée en légende, a été perçue comme un message direct aux communautés juive et israélienne.
Dans les paroles, le chanteur ne se contente pas de défendre sa position. Il attaque également les artistes engagés pour la cause palestinienne, les accusant de « répéter des slogans comme des moutons ». Cette charge intervient alors que les milieux culturels sont profondément divisés sur la façon de réagir au conflit.
Un catholique irlandais engagé pour Israël
Cette prise de position n'est pas un coup d'essai. Boy George, catholique irlandais, se présente comme un fervent soutien de la communauté juive depuis l'attaque du 7 octobre. Il a régulièrement pris la parole en faveur d'Israël et contre l'antisémitisme, notamment sur les réseaux sociaux. Sa chanson s'inscrit dans la continuité de cet engagement public, quitte à enflammer les débats.
L'IA au service du bien, selon l'artiste
La polémique ne s'arrête pas au seul fond politique. Le morceau a été composé avec l'aide d'une intelligence artificielle, et Boy George l'assume sans aucune réserve. « Aussi imparfaite soit-elle ! Cette chanson a été créée avec l'aide de l'IA. J'appelle ça l'IA au service du bien », a-t-il confié dans un message publié sur Threads, relayé par le média NME.
Il a poursuivi, non sans ironie : « Et à vrai dire, j'aurais eu bien du mal à écrire ça avec un être humain ! » Cette déclaration a relancé les interrogations sur la place de l'intelligence artificielle dans la création musicale. L'artiste n'a pas caché son intention de montrer que l'outil peut servir un propos de circonstance, même lorsque celui-ci soulève une forte opposition.
Martyn Ware dénonce une « propagande »
La réaction la plus cinglante est venue de Martyn Ware, cofondateur du groupe The Human League. Il a qualifié la chanson de « propagande musicale ouvertement pro-génocide et anti-palestinienne ». Sur X (anciennement Twitter), il a interpellé directement Boy George : « Je n'arrive pas à croire que mon vieil ami Boy George ait fabriqué un morceau de propagande musicale ouvertement pro-génocide et anti-palestinienne… George, tu devrais avoir honte, j'espère que l'argent a suffi pour te vendre l'âme… Vile. » Ce discours, publié par un autre monument de la pop britannique des années 1980, montre à quel point le conflit fracture le monde de la musique.
Un titre diffusé hors des plateformes classiques
Malgré la controverse, « We Will Dance Again » n'a pas été mis en ligne sur les plateformes de streaming musical. Le titre circule pourtant massivement sur les réseaux sociaux et sur YouTube, où il a déjà fait l'objet de plusieurs remixes. Cette viralité, combinée à l'utilisation de l'IA, alimente les discussions sur la frontière entre engagement artistique et prise de position politique.



