Boombass (Cassius) : « On fait partie des bonnes bouteilles de la French Touch »
Boombass : « On fait partie des bonnes bouteilles de la French Touch »

Samedi soir, Boombass a fait revivre la légende de Cassius au public des Nuits Carrées d'Antibes, qui fêtaient leur 20e édition. Après son set, on l’a retrouvé en loges pour aborder la riche histoire de ce duo phare de la French Touch.

Un show historique pour les 20 ans des Nuits Carrées

À 59 ans, Hubert Blanc-Francard, alias Boombass, a décidé de continuer l’aventure Cassius après la mort de son « frère » Philippe Zdar en 2019. Sur la scène antiboise, derrière ses platines, des textes et des visuels défilaient pour raconter l’histoire de cette formation électronique. « Super bien, c’était une bonne expérience et vraiment ça a pris graduellement avec la montée du show. J’ai adoré quoi. En plus, il faisait super bon, le cadre est super, c’était hyper réactif. Ce que j’ai aimé, c’est la réaction par rapport à l’écran derrière moi, qui décrit notre histoire. Le public réagit là-dessus, ça change par rapport à un DJ set classique. C’est un show qui raconte notre histoire », confie-t-il.

Surmonter la perte de Philippe Zdar

Se retrouver sans Philippe Zdar pour retracer cette histoire a été une épreuve. « Je me suis demandé comment faire pour jouer notre musique tout seul, sans que ça crée un malaise, pour moi d’abord, puis pour les autres. En fait, deux potes ont trouvé l’idée. Je ne tire pas la couverture à moi, je suis plutôt comme un genre de médium sur scène. Le cheminement n’a pas été évident. À un moment, je ne pouvais plus du tout écouter une note de Cassius. Et puis j’ai décidé qu’il fallait que je sorte de cette tristesse. J’ai embrassé mon deuil, même si la formule est bizarre. Je me suis dit que cette musique était là et qu’il fallait la faire revivre », explique-t-il.

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L’esprit des tournées à deux retrouvé

Boombass retrouve-t-il l’esprit de leurs tournées à deux dans ce nouveau show ? « J’avais mon sampleur et Philippe mixait. Donc oui, quelque part, je retrouve un peu cet esprit, en mettant les samples qu’on trouvait tous les deux. Je n’avais pas fait ça depuis 2018, ça fait un lien pour ceux qui viennent aujourd’hui. » Interrogé sur d’éventuels nouveaux morceaux signés Cassius, il répond : « À part Dance On, un inédit qu’on avait fait tous les deux et sur lequel Philippe chante, tout nouveau titre que je ferai ne sortira pas sous le nom de Cassius. Quand j’écoute nos morceaux, c’est tellement nous deux… Si, demain, je rencontre quelqu’un avec qui faire de la musique, ce sera un nouveau truc, je ne vais pas chercher à remplacer Philippe. »

La place de Cassius dans la French Touch

Boombass compare leur duo à du vin : « Moi, j’adore le vin. Je ne nous considère pas comme un grand vin, mais je pense qu’on fait partie des bonnes bouteilles, avec Air ou Phoenix. La French Touch, c’est une sorte d’appellation. À l’époque on trouvait ça bizarre, on aurait préféré un truc aussi fort que “rock’n’roll” ou “hip-hop”. Mais notre rêve de gosse avec Philippe, c’était de faire partie d’un courant musical. Et on a réussi. »

La naissance de « I Love U So »

Boombass a terminé son set avec I Love U So, leur plus grand hit. Il raconte sa genèse : « Au départ, il était destiné à une pub, il n’a pas été pris. On l’a amené à Pedro Winter (le patron du label Ed Banger Records) à la dernière seconde, pour l’ajouter sur un maxi. Il nous a dit : “Mais vous êtes des malades, c’est ce morceau-là qu’il faut sortir !”. Au départ, le morceau était plus rapide, on l’a transformé en slow. On n’avait aucune ambition du tout. C’est la seule règle que je connaisse en musique : c’est ce que tu fais le plus vite, sans trop réfléchir, qui plaît aux autres. J’adore ce titre, je l’aimerai toute ma vie. »

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Un regard apaisé sur le parcours

Quel regard porte-t-il sur leur parcours ? « Notre ambition était particulière. On aurait aimé être les Daft Punk, mais sans faire le chemin des Daft Punk. On voulait que ça cartonne en restant à la maison, on a très vite compris que ça ne marchait pas comme ça. On a un petit peu saboté, on aurait certainement pu être plus connus que ça. Mais aujourd’hui je suis content. Je suis peinard quand je vais faire mes courses. Les seules personnes qui viennent me voir sont celles qui savent ce qu’on a fait. On me parle de musique et on me dit merci : ça, c’est le plus beau truc pour un musicien. Il y a quelque temps, en Californie, des kids de 25 ans m’ont parlé de notre premier album, sorti avant leur naissance. Je me suis dit “waouh, il se passe un truc, il faut que je célèbre tout ça.” »