"Ascenseur pour l'échafaud" : Jeanne Moreau et Miles Davis, duo mythique
"Ascenseur pour l'échafaud" : Jeanne Moreau et Miles Davis

Le film Ascenseur pour l'échafaud, premier long métrage de Louis Malle, est diffusé ce soir sur Arte à 20h55 et disponible en replay sur Arte.tv. Ce polar nocturne, tourné en 1958, mêle avec brio une intrigue criminelle, une errance amoureuse et une bande originale de jazz devenue mythique, signée Miles Davis.

Un film écrasé par la musique

Si le film est sympathique, il est littéralement porté par la musique de Miles Davis, l'une des plus belles du XXe siècle. Depuis 1958, les légendes entourent cette collaboration : Miles aurait improvisé la partition en hommage à Jeanne Moreau, dont il était épris ; ses lèvres auraient obstrué partiellement l'embouchure de sa trompette, produisant des sonorités inédites ; il serait arrivé au studio avec des notes griffonnées sur un paquet de Gitanes ; le magnétophone aurait tourné à une vitesse anormale. Vrai ou faux ? La seule certitude est que Miles Davis, entouré de musiciens d'exception — Barney Wilen au saxophone, René Urtreger au piano, Pierre Michelot à la contrebasse et Kenny Clarke à la batterie — a été foudroyant.

Jeanne Moreau, muse nocturne

Revoir le film donne envie de fermer les yeux et de se laisser emporter par cette mélodie géniale qui hante la mémoire des spectateurs. On en oublierait presque le film lui-même, inspiré d'un petit polar de Noël Calef (qui a aussi écrit ses souvenirs d'internement à Drancy). Nous sommes à la fin des années 1950, et Louis Malle, dans le sillage de la Nouvelle Vague, réalise son film avec une équipe talentueuse : Roger Nimier au scénario, Alain Cavalier (futur réalisateur de Thérèse) et François Leterrier (auteur de Un roi sans divertissement) comme assistants, Henri Decaë à la direction photo (magnifique noir et blanc des scènes de nuit).

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Le casting est impressionnant : Maurice Ronet en assassin coincé dans un ascenseur, Lino Ventura en commissaire hargneux, Félix Marten en alcoolique, Elga Andersen en créature de rêve, et Jean-Claude Brialy en joueur d'échecs. Mais c'est Jeanne Moreau qui est la véritable muse du film. Sur la fin de sa vie, elle racontait avoir rejoint Miles Davis à New York, bravant les réticences des employés de l'hôtel qui voyaient d'un mauvais œil cette femme blanche fréquenter un jazzman noir.

Lundi 25 mai à 20h55 sur Arte. Film noir français de Louis Malle (1958). Avec Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Lino Ventura. 1h28. Disponible à la demande sur Arte.tv.

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