Angine de Poitrine : le mystérieux duo québécois qui enflamme l'Europe
Angine de Poitrine : duo masqué au succès viral

Avec leurs tenues à pois, mi-chemin entre le pyjama et le déguisement médiéval, les deux personnages masqués d'Angine de Poitrine ne passent pas inaperçus dans le monde de la musique. Leur rock microtonal pointu a propulsé ce duo québécois sur le devant de la scène grâce à une vidéo virale. Depuis, les dates de concert s'enchaînent en Europe, et ils ont fait le plein à Bruxelles jeudi soir.

Une musique à la croisée de la techno et de l'acid rock

Rien ne laissait présager un tel succès pour cette musique instrumentale exigeante, mêlant techno et acid rock avec des boucles lancinantes de guitare et de batterie. C'est une vidéo tournée par la radio américaine KEXP lors des Trans Musicales de Rennes qui a déclenché l'engouement. Cette session filmée d'Angine de Poitrine, avec leurs masques de carnaval et leur univers à pois noirs et blancs, a atteint quinze millions de vues en trois mois.

Ce buzz, « c'est de la folie furieuse », s'amuse Jean-Louis Brossard, directeur artistique des Transmusicales. « Ça montre qu'il y a de la place pour autre chose, pour une musique qui n'est pas mainstream », savoure le mélomane, qui voit chez Angine de Poitrine deux « super musiciens » influencés par le jazz ou par l'inclassable Frank Zappa, icône de la contre-culture américaine des années 1960 et 1970.

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Un mystère façon Daft Punk

Venus d'une autre galaxie, Khn et Klek, les deux acolytes masqués d'Angine de Poitrine, ne donnent plus d'interviews pour entretenir le mystère à la manière des Daft Punk, sans les tubes planétaires. On sait seulement que leur projet a grandi dans la pépinière du Centre d'expérimentation musicale (CEM) de Saguenay au Québec, où une équipe de passionnés soutient des musiques de niche.

Sur scène, ils ne parlent pas, si ce n'est pour pousser quelques cris de guerre. Virtuose, Khn joue simultanément de la guitare et de la basse grâce à un instrument à double manche singulier, envoyant des riffs en boucle avec son pédalier. En quête de nouvelles sonorités, sa guitare est microtonale : elle permet de jouer sur des intervalles de notes plus resserrés qu'à l'accoutumée, mêlant un rock parfois énervé à des motifs orientaux voire celtiques. À la batterie, Klek tape frénétiquement sur sa caisse claire, le nez mou de son masque se balançant au rythme de ses envolées.

Avec les compliments du leader des Foo Fighters

Leur succès inattendu, qui doit beaucoup à leur fameuse vidéo et à leurs costumes de pantomime, s'inscrira-t-il dans la durée ? « Je ne sais pas, mais c'est génial », balaie Jean-Louis Brossard. Après un Vol.1 en 2024, les Québécois viennent de sortir leur deuxième album, un trente-six minutes de six morceaux, entre gimmick nerveux sur Mata Zyklek et transe de fête foraine dans Utzp.

Hermétique ou pas, leur musique de « cinglés » leur a valu des compliments de quelques grands noms du rock, dont Dave Grohl, le leader des Foo Fighters. Et après l'Europe, le duo déjanté se lance dans une tournée aux États-Unis, pour une vingtaine de dates à partir de l'été.

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