Xenia Fedorova : les médias Bolloré défendent la liberté d'expression
Xenia Fedorova : les médias Bolloré défendent la liberté

Un arrêté ministériel d'expulsion a été remis à Xenia Fedorova, chroniqueuse pro-russe employée par les groupes Canal+ et Lagardère, a révélé Libération ce mercredi. Le document, signé par le ministre de l'Intérieur, indique que son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État et que sa présence constitue une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public.

Une « propagandiste du Kremlin » selon l'État

Xenia Fedorova, âgée de 45 ans, est une ancienne directrice de la chaîne d'État russe RT France. Elle est aujourd'hui chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et le JDNews, trois médias appartenant au groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Selon des sources internes, elle est salariée en CDI par les groupes Canal+ et Lagardère.

Le gouvernement français et le président Emmanuel Macron la considèrent comme une « propagandiste du Kremlin ». En mai dernier, un article du Le Monde avait relancé la polémique en lui prêtant une influence croissante sur l'homme d'affaires. Des eurodéputés ont réclamé des sanctions à son encontre, et des questions ont émergé sur le renouvellement de son titre de séjour en 2024, prévu pour une durée de dix ans.

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Canal+ et Lagardère invoquent la liberté d'expression

Les dirigeants de la galaxie Bolloré, notamment les patrons de Canal+ Maxime Saada et Gérald-Brice Viret, avaient déjà pris sa défense dans une tribune publiée par le JDD en mai. Ce mercredi, les groupes Canal+ et Lagardère ont publié un communiqué commun pour dénoncer la décision ministérielle.

« Sans que chacun soit nécessairement tenu de partager l'ensemble des analyses ou des opinions exprimées par Mme Fedorova, les groupes Canal+ et Lagardère considèrent que l'empêcher de participer au débat public et d'exprimer ses points de vue sur la situation française et internationale constituerait une atteinte particulièrement grave à la liberté d'expression et au pluralisme des opinions », écrivent-ils. Le communiqué ajoute : « La liberté d'expression ne se défend pas uniquement lorsque les opinions exprimées font consensus. Elle se défend précisément lorsqu'elles dérangent ou suscitent la contradiction, dès lors qu'elles s'inscrivent dans le débat démocratique, comme c'est le cas dans l'ensemble de nos médias. »

Le précédent de la tribune de mai

En mai dernier, Maxime Saada et Gérald-Brice Viret avaient signé dans le JDD une tribune intitulée « Ne sacrifions pas la liberté d'expression sur l'autel de l'emballement médiatique ». Ils y défendaient déjà Xenia Fedorova, affirmant qu'elle contribuait au pluralisme des opinions. Cette position avait alors été critiquée par une partie de la classe politique, qui y voyait une caution donnée à une propagande pro-russe.

L'arrêté d'expulsion, révélé par Libération, intervient dans un contexte de durcissement des autorités françaises envers les influenceurs jugés proches du Kremlin. Plusieurs personnalités russes ou russophones ont fait l'objet de mesures similaires ces derniers mois.

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