Guillaume Erner sanctionné par France Culture après un montage trompeur sur Mélenchon
Sanction contre Guillaume Erner pour montage trompeur

Le journaliste de France Culture Guillaume Erner a été sanctionné d'un avertissement et privé de son billet d'humeur quotidien, a annoncé la radio ce jeudi 2 juillet 2026. Cette décision fait suite à la diffusion, le 24 juin, d'un montage audio trompeur dans la matinale, laissant entendre que Jean-Luc Mélenchon tenait des propos antisémites.

Les faits : un montage audio diffusé lors de l'interview de Marine Le Pen

La polémique éclate le mercredi 24 juin, lors de la matinale de France Culture. L'invitée est Marine Le Pen. Au cours de l'entretien, Guillaume Erner diffuse un extrait audio trouvé, selon son propre aveu, « sur les réseaux sociaux ». Cet extrait mêle des propos de Jean-Marie Le Pen, plusieurs fois condamné pour antisémitisme, à des déclarations de Jean-Luc Mélenchon, suggérant une proximité entre les deux hommes sur la question juive.

La radio de service public a reconnu a posteriori qu'il s'agissait d'un « montage fallacieux », provenant de « Léon le média », un média d'influence. L'extrait original est tiré d'un entretien entre Natacha Polony et Jean-Luc Mélenchon diffusé sur Paris Première en 2017. L'écoute intégrale de l'échange montre que le leader insoumis ne parlait pas des juifs, mais des élites françaises, évoquant « la caste, c'est-à-dire les tout-puissants financiers et leurs marionnettes médiatiques, politiques ».

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Les excuses et la sanction

Le jeudi 25 juin, France Culture a présenté des « excuses » à ses auditeurs sur la page de l'émission, sans toutefois s'excuser directement auprès de Jean-Luc Mélenchon. Le message indiquait : « La direction de la chaîne et Guillaume Erner tiennent à présenter leurs excuses aux auditrices et auditeurs. »

Guillaume Erner s'est également excusé le vendredi 26 juin dans un message audio diffusé dans la matinale. Il y reconnaît deux erreurs : avoir trouvé le montage audio sur les réseaux sociaux sans en préciser la source, et ne pas avoir vérifié scrupuleusement son contenu. « Ce n'est pas conforme à mon éthique professionnelle », a-t-il affirmé, promettant une vigilance accrue à l'avenir.

Les sanctions annoncées le 2 juillet comprennent un avertissement et la suppression de son billet d'humeur quotidien, diffusé peu avant 7 heures. Selon « Le Monde » et « Libération », Guillaume Erner a accepté ces sanctions mais a également dénoncé les insultes antisémites qu'il reçoit depuis l'affaire.

La réaction de La France insoumise

Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué la radio sur X, dénonçant « l'irresponsabilité » de France Culture qui « se défausse de son engagement » pour « soutenir sans le dire le multirécidiviste Guillaume Erner ». Il avait auparavant qualifié le montage d'« odieux », « grossier mais venimeux ».

Le coordinateur politique de LFI, Manuel Bompard, a réclamé des excuses face à « une réaction absolument indigente » et des sanctions contre les journalistes responsables. Il a précisé que dans l'extrait, Mélenchon évoquait « le comportement des élites françaises », non les juifs. La France insoumise a annoncé saisir l'Arcom, le régulateur des médias.

Les réactions syndicales

Les Sociétés des Journalistes (SDJ) de France Culture et de Radio France ont publié un communiqué commun, se « désolidarisant » du chroniqueur et estimant que l'affaire « entache la crédibilité de l'antenne ». Le syndicat SNJ-CGT de Radio France a jugé que « la responsabilité éditoriale de Guillaume Erner et de France-Culture sont ici directement engagées ».

La Société des Producteur·ice·s de France-Culture (SPDC) a pointé deux « fautes graves » dans l'interview : le montage audio non sourcé et la participation à « une dynamique de “normalisation” du RN tout en opérant un transfert de mise en cause vers LFI ». La SPDC a notamment relevé que Guillaume Erner avait demandé à Marine Le Pen : « quand avez-vous décidé de rompre avec l'antisémitisme de votre père ? »

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