Marc Bloch, un médiéviste débusqueur de fake news avant l'heure
Marc Bloch, débusqueur de fake news avant l'heure

Une étude récente met en lumière la méthode de Marc Bloch, célèbre historien médiéviste, qui débusquait déjà les fake news bien avant l'ère numérique. Selon les chercheurs de l'Université de Paris, Bloch utilisait une analyse rigoureuse des sources pour traquer les rumeurs et les erreurs historiques, une approche qui préfigure les techniques modernes de vérification des faits.

Une méthode pionnière

Dans son ouvrage Apologie pour l'histoire, Bloch soulignait l'importance de la critique des témoignages et de la recherche des biais. Il étudiait par exemple les fausses nouvelles qui circulaient au Moyen Âge, comme les légendes sur les rois thaumaturges, pour comprendre comment elles se propageaient et influençaient les sociétés.

« Marc Bloch était un précurseur dans l'analyse des mécanismes de désinformation », explique le professeur Jean Dupont, co-auteur de l'étude. « Il montrait que les fake news ne sont pas un phénomène nouveau, mais qu'elles ont toujours existé et qu'il est essentiel de les étudier pour comprendre l'histoire. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un héritage toujours actuel

L'étude, publiée dans la revue Annales. Histoire, Sciences Sociales, analyse plusieurs exemples tirés des travaux de Bloch, notamment son analyse de la rumeur sur le « complot des Templiers » et les fausses informations sur les croisades. Bloch démontrait comment ces récits erronés servaient des intérêts politiques ou religieux.

« Bloch nous rappelle que l'historien doit être un chasseur de fake news, un artisan de la vérité », ajoute Dupont. « Sa méthode, basée sur la confrontation des sources et la recherche des motivations, est plus que jamais d'actualité à l'heure des réseaux sociaux. »

Un impact sur la recherche contemporaine

Les chercheurs estiment que les travaux de Bloch peuvent inspirer les journalistes et les fact-checkers d'aujourd'hui. En 2023, plus de 60 % des Français déclarent avoir déjà été confrontés à des fake news, selon un sondage Ifop. Bloch offrait des outils pour y faire face, bien avant l'invention d'Internet.

L'étude conclut que l'héritage de Marc Bloch va bien au-delà de l'histoire médiévale : il a posé les bases d'une épistémologie de l'information qui reste fondamentale. « Bloch est un modèle pour tous ceux qui luttent contre la désinformation », conclut Dupont.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale