France Culture a présenté des excuses à ses auditeurs le jeudi 25 juin 2026, après la diffusion d'un montage audio trompeur lors de la matinale du mercredi 24 juin. L'extrait, trouvé sur les réseaux sociaux, laissait entendre que Jean-Luc Mélenchon tenait des propos antisémites. Le leader de La France insoumise a dénoncé un « montage odieux » et réclame des sanctions.
Les faits : un montage fallacieux diffusé en direct
Mercredi 24 juin, lors de l'interview de Marine Le Pen par Guillaume Erner, le journaliste a diffusé un montage audio mêlant des propos de Jean-Marie Le Pen, condamné pour antisémitisme, et des déclarations de Jean-Luc Mélenchon. L'extrait, non sourcé à l'antenne, provenait de « Léon le média », un média d'influence. France Culture a reconnu dans un message sur la page de l'émission qu'il s'agissait d'un « montage fallacieux », réalisé à partir d'un entretien entre Natacha Polony et Jean-Luc Mélenchon sur Paris Première en 2017. Dans cet échange, Mélenchon parlait des élites françaises, non des Juifs.
Le vendredi 26 juin, Guillaume Erner a présenté ses excuses dans un message audio préenregistré diffusé dans la matinale. Il a reconnu deux erreurs : ne pas avoir précisé la source du montage et ne pas avoir vérifié son contenu. Il a affirmé que l'extrait avait été supprimé du replay et qu'il regrettait cette erreur, contraire à son éthique professionnelle. Cependant, ni France Culture ni Erner n'ont présenté d'excuses directement à Jean-Luc Mélenchon.
La réaction de La France insoumise
Jean-Luc Mélenchon a critiqué sur X « l'irresponsabilité » de France Culture, accusant la radio de « soutenir sans le dire le multirécidiviste Guillaume Erner ». Le coordinateur politique de LFI, Manuel Bompard, a réclamé des excuses et des sanctions contre les journalistes responsables. Il a souligné que Mélenchon parlait de « caste, c'est-à-dire les tout-puissants financiers et leurs marionnettes médiatiques, politiques », évoquant le comportement des élites françaises. La France insoumise a annoncé saisir l'Arcom, le régulateur des médias.
Les réactions des organisations syndicales
Les Sociétés des journalistes (SDJ) de France Culture et de Radio France ont publié un communiqué se désolidarisant du chroniqueur, estimant que l'affaire « entache la crédibilité de l'antenne ». Le syndicat SNJ-CGT de Radio France a jugé que « la responsabilité éditoriale de Guillaume Erner et de France-Culture sont ici directement engagées ». La Société des Producteur·ice·s de France-Culture (SPDC) a critiqué deux « fautes graves » : le montage non sourcé et la participation à une « dynamique de normalisation du RN tout en opérant un transfert de mise en cause vers LFI ». La SPDC a demandé à la direction de traiter ces points au-delà des excuses déjà formulées.



