Canal+ dénonce une décision politique contre CNews et craint sa fermeture
Canal+ dénonce une décision politique contre CNews

Le président du directoire du groupe Canal+, Maxime Saada, a vivement critiqué dans une tribune publiée mercredi sur le site du Figaro la mise en demeure adressée mi-juin à la chaîne d'information CNews par l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel. « Ceci n'est pas une décision de régulation. C'est une décision politique. Et elle poursuit un seul objectif : faire taire, puis faire disparaître, une chaîne que des millions de Français choisissent librement chaque jour », a-t-il écrit.

Une mise en demeure contestée

L'Arcom, saisie en janvier par Reporters sans frontières (RSF), a enjoint CNews de mieux respecter la diversité « des courants de pensée et d'opinion », sous peine de sanctions financières. Maxime Saada estime que cette décision ouvre une brèche dangereuse pour l'ensemble du paysage audiovisuel français. « La toute dernière mise en demeure de CNews, rendue il y a quelques jours par l'Arcom, vient d'ouvrir une brèche dans laquelle tout le paysage audiovisuel français risque de s'engouffrer », a-t-il déclaré.

La crainte d'une fermeture programmée

Le patron de Canal+ a exprimé son inquiétude quant à l'avenir de la chaîne. « Soyons lucides sur la suite. Après la mise en demeure viendront les sanctions financières. Puis la menace de la fermeture de la chaîne puisque la chaîne ne saura se conformer à une exigence impressionniste et imprévisible », a-t-il affirmé. Il a comparé cette situation à la fermeture de C8, une autre chaîne du groupe. « Ce n'est pas une hypothèse : c'est une trajectoire évidente. Nous ne la connaissons (hélas) que trop bien pour avoir vécu la fermeture de C8 », a-t-il ajouté.

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Un pluralisme « appauvri » selon Saada

Pour Maxime Saada, l'intervention de l'Arcom nuit au pluralisme plutôt qu'elle ne le protège. « Une autorité qui se fait juge de l'équilibre de la critique ne protège pas le pluralisme, elle l'appauvrit », a-t-il regretté. Il a également mis en garde contre une dérive autoritaire de la régulation.

Le contexte polémique autour de CNews

Les médias appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré (CNews, JDD, JDNews, Europe 1) ont été récemment critiqués, y compris par le Quai d'Orsay, pour la place accordée à la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée de relayer la propagande du Kremlin. Les dirigeants de ces médias ont défendu la liberté d'expression pour justifier sa présence à l'antenne.

L'Arcom renforce sa surveillance

L'Arcom a annoncé qu'elle mettrait en place à la rentrée une « veille » sur le respect du pluralisme sur les quatre chaînes d'information de la TNT (BFMTV, CNews, LCI, franceinfo), en prévision de la campagne présidentielle de 2027. Cette mesure vise à garantir une diversité d'opinions dans le débat public.

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