Antoine Volodine publie onze livres pour son adieu littéraire
Volodine: onze livres pour son adieu littéraire

Antoine Volodine, écrivain majeur de la scène littéraire française, fait ses adieux avec une performance inédite : la publication simultanée de onze livres chez onze éditeurs différents. À 77 ans, l'auteur de l'œuvre « post-exotique » a choisi de clore lui-même son parcours plutôt que de risquer d'être interrompu par un coup du destin. Cette décision, qu'il qualifie lui-même de « performance », marque la fin d'une aventure littéraire commencée il y a plusieurs décennies.

Un concept extravagant : onze livres, onze éditeurs

Pour cette dernière rentrée littéraire, Antoine Volodine publie donc onze ouvrages, tous reliés par un sous-titre commun : « Retour au goudron ». L'ensemble forme ce qu'il appelle « un ouvrage monstre à onze têtes », un concept pour le moins extravagant. Mais ce qui surprend le plus, c'est qu'il ait trouvé onze éditeurs prêts à relever le défi. « Le club des Volodiniens s'est constitué », explique Bernard Comment, qui publie l'écrivain au Seuil depuis « Des anges mineurs » en 1999.

Chaque éditeur a participé « à un moment de l'histoire littéraire », précise Pascal Jordana, qui supervise aux éditions de la Marelle le dernier volume de cette série. Cette collaboration éditoriale sans précédent témoigne de la place unique qu'occupe Antoine Volodine dans le paysage littéraire français.

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« Retour au goudron » : le quarante-neuvième livre d'une vie

« Retour au goudron » constitue le quarante-neuvième livre de la carrière d'Antoine Volodine. Ce chiffre n'est pas anodin : il fait discrètement référence au bardo tibétain, cet entre-deux-mondes où cheminent les morts pendant quarante-neuf jours. Les défunts de Volodine, eux, y errent encore plus longtemps. Cette dimension spirituelle et symbolique imprègne l'ensemble de son œuvre, marquée par l'exploration des frontières entre vie et mort, réalité et fiction.

Les onze déclinaisons de « Retour au goudron » ne sont d'ailleurs pas signées de son nom, mais de celui d'Infernus Iohannes, un pseudonyme qui ajoute encore au mystère de cette entreprise littéraire hors norme. Ce choix d'un autre nom d'auteur pour cette ultime publication renforce le caractère singulier de cette performance.

Une œuvre « post-exotique » qui a marqué la littérature

Antoine Volodine avait lui-même baptisé son œuvre « post-exotique », un nom qu'il avait choisi « pour rire, il y a longtemps », mais qui est resté. Ce courant littéraire, qu'il a créé et développé seul, se caractérise par un univers singulier peuplé de personnages en marge, de mondes parallèles et de récits fragmentés. Son influence sur la littérature contemporaine est considérable, même si son œuvre reste exigeante et parfois difficile d'accès.

Cette sortie simultanée représente un événement majeur de la rentrée littéraire 2026. Les libraires et les lecteurs devront se préparer à accueillir cette production massive qui, selon les éditeurs impliqués, pourrait redéfinir les codes de la publication littéraire. Le club des Volodiniens, comme l'appelle Bernard Comment, pourrait bien faire des émules parmi les autres auteurs souhaitant marquer leur départ de manière tout aussi spectaculaire.

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