Le 12 février 1976, à Mexico, lors de la première du film La Odisea de los Andes, Mario Vargas Llosa a frappé Gabriel García Márquez d'un coup de poing au visage. Cet incident a mis fin à une amitié de près de vingt ans entre deux des plus grands écrivains latino-américains. Selon des témoins, Vargas Llosa aurait crié : « Ce que tu as fait à Patricia, je ne te le pardonne pas », en référence à son épouse de l'époque, Patricia Llosa.
Les origines de l'amitié
Vargas Llosa et García Márquez se sont rencontrés en 1967 à Caracas. Ils partageaient une admiration mutuelle pour leurs œuvres et une passion pour la politique de gauche. Leur amitié s'est renforcée lors de séjours à Paris et à Barcelone. En 1971, Vargas Llosa a publié un essai sur García Márquez, Historia de un deicidio, qui analysait en profondeur l'œuvre de son ami.
La rupture
Plusieurs théories expliquent la brouille. La plus répandue concerne une intervention de García Márquez dans la vie conjugale des Llosa. Selon certains, il aurait conseillé à Patricia Llosa de quitter son mari, ce que Vargas Llosa aurait mal interprété. D'autres évoquent des divergences politiques : García Márquez était un proche de Fidel Castro, tandis que Vargas Llosa évoluait vers le libéralisme.
Conséquences et héritage
Après le coup de poing, les deux hommes ne se sont plus jamais adressé la parole en public. Leur rivalité a marqué le monde littéraire. Tous deux ont reçu le prix Nobel : García Márquez en 1982, Vargas Llosa en 2010. En 2007, à l'occasion du 40e anniversaire de Cent ans de solitude, Vargas Llosa a refusé de participer à un hommage. Malgré des tentatives de réconciliation, notamment par des amis communs comme l'écrivain Carlos Fuentes, la brouille est restée définitive.



