Anne Barathieu, auteure saint-romaine et grande lectrice, signe son cinquième ouvrage intitulé « Une tit’fleur d’amour ». Ce roman de 430 pages, au titre empreint de douceur, s’inspire de l’histoire des « enfants de la Creuse ». Il s’agit de ces petits Réunionnais arrachés sans remords à leur famille et à leur île natale par l’administration française entre 1963 et 1982, alors que La Réunion connaissait une explosion démographique et une grande précarité.
Le contexte historique des enfants de la Creuse
Certains de ces enfants étaient orphelins ou abandonnés, d’autres issus de familles miséreuses dont les parents se sont laissé convaincre que cet exil leur offrirait un meilleur avenir. La raison « officielle » était de sortir cette jeunesse de la précarité et de lui donner éducation et instruction. En réalité, le motif réel était de les rapatrier en métropole en vue d’une adoption et du repeuplement des zones rurales pour pallier le manque de main-d’œuvre.
Le quotidien douloureux des enfants déracinés
Dans son roman, Anne Barathieu décrit le quotidien souvent douloureux de ces enfants arrivés en métropole, une terre inconnue et peu accueillante, voire hostile à leur égard. Au fil des pages, on peut suivre le déchirement de la séparation avec leur terre d’origine, le démembrement des fratries, les modifications d’état civil, les adoptions plus ou moins réussies, ainsi que les succès, échecs et frustrations des uns et des autres.
Si certains trouvèrent l’affection et un véritable ancrage familial, d’autres furent traités comme des esclaves corvéables à merci, subissant moqueries et rejets souvent dus à leur couleur de peau. L’auteure montre aussi comment, malgré tout, beaucoup gardèrent au fond d’eux-mêmes une certaine nostalgie du pays perdu – dont certains n’avaient plus aucun souvenir – ainsi que le désir de connaître, voire de comprendre leur histoire et, pourquoi pas, de retrouver leur famille originelle.
Un portrait réaliste de parcours de vie
Cet ouvrage est un portrait réaliste qui retrace ces divers parcours de vie, les efforts pour ne pas décevoir, être à la hauteur, la volonté de retrouver un jour « son » île et « sa » famille. Facile à lire, ce livre pourra meubler agréablement les chaudes après-midi d’été.
Disponibilité et prix
« Une tit’fleur d’amour » est en vente au Lien du Cernon à Saint-Rome, à la librairie Bastide, à l’espace culturel de Carrefour de Saint-Affrique ou auprès de l’auteure, au prix de 17,95 €.



