L'artiste cambodgienne Soko Phay, née en 1974, utilise son art pour combattre l'oubli des atrocités commises par les Khmers rouges entre 1975 et 1979. Son travail, présenté à la galerie La Forest Divonne à Paris jusqu'au 30 juillet 2026, mêle photographies, vidéos et installations pour évoquer la mémoire des victimes.
Un art de la résistance face à l'extrême
Soko Phay, qui a perdu plusieurs membres de sa famille sous le régime de Pol Pot, explore les traumatismes collectifs à travers des œuvres comme La Mer des roseaux, une installation de 2016. Elle utilise des images d'archives et des témoignages pour créer des compositions poignantes, telles que Les Mains de la mémoire, où des mains en cire émergent d'un mur de photos.
Selon l'artiste, "inventer des images est une manière de résister à l'effacement systématique des traces". Son travail a été exposé au musée du Quai Branly à Paris en 2023, attirant plus de 50 000 visiteurs.
Des œuvres qui interrogent l'histoire
L'exposition présente également Le Temps des fantômes, une série de photos noir et blanc superposées à des textes de survivants. Phay explique : "Je veux montrer que la mémoire est vivante, même dans les ruines."
L'artiste collabore avec des historiens pour garantir l'exactitude des faits. Son œuvre Les Ossements de l'oubli utilise des moulages d'os humains pour évoquer les charniers. Selon le critique d'art Jean-Michel Frodon, "Soko Phay parvient à transformer l'horreur en beauté sans jamais la trahir".
Un impact au-delà des frontières
Le travail de Phay a été présenté à la Biennale de Venise en 2024, où il a reçu un accueil critique. L'ambassadeur du Cambodge en France, Meas Kimheng, a salué "une contribution essentielle à la mémoire nationale".
L'exposition à Paris a déjà attiré plus de 10 000 visiteurs depuis son ouverture le 10 juin 2026. Les billets sont gratuits pour les étudiants et les ressortissants cambodgiens.



