Salon du livre de La Grande-Motte : une foule nombreuse pour la 5e édition
Salon du livre de La Grande-Motte : une foule nombreuse

Le salon du livre de La Grande-Motte, qui se tient pour la cinquième fois au Palais des congrès, a attiré un public très nombreux ce week-end. Dès dix heures du matin ce samedi, la file d'attente pour les dédicaces s'étirait et ne cessait de s'allonger, témoignant de l'engouement pour les auteurs invités. Les 130 exemplaires en avant-première du dernier roman de Karine Giebel, « Dans la terre froide », prévus par la librairie Gibert de Montpellier, ont été vendus en moins de deux heures, alors que le livre ne sortira officiellement que le 5 novembre.

Karine Giebel et Daniel Picouly, invités d'honneur très attendus

Karine Giebel, surnommée la reine du polar, était l'invitée d'honneur de cette édition avec Daniel Picouly. Les lecteurs, venus parfois de loin comme Stéphanie et Charlène de Rousson, au nord d'Alès, ont pu échanger avec l'autrice. Cette dernière a confié ne pas savoir « concocter de fins heureuses » à ses histoires, se laissant guider par son inspiration : « Je ne veux pas de personnage récurrent, mais j'avoue devoir faire le deuil de ceux que j'ai créés à la fin d'un livre… »

Une lectrice, enthousiaste, a lancé à la romancière : « Merci pour ces émotions qui nous baladent ! » Charlène, qui a commencé des critiques littéraires sur les réseaux sociaux pour partager sa passion, a vu son enthousiasme pour Karine Giebel très partagé en ligne. Daniel Picouly, l'autre parrain de la manifestation, a expliqué avec ses mots de conteur pourquoi on écrit des livres : « Vous pouvez être écrivain, avoir écrit des milliers de pages, tant que vous n'aurez pas trouvé comment dire l'exact gris-bleu des yeux de votre mère, vous n'avez rien fait. Écrire permet de revenir en arrière, de parler de ceux d'avant et c'est vous, lecteurs qui permettez de faire revivre mes parents. »

Le maire et les journalistes politiques face aux questions des lecteurs

Le maire de La Grande-Motte, Stéphan Rossignol, a souligné l'importance de la culture : « Ouvrir un livre, c'est entrer dans une histoire, accepter d'être bousculé dans ses certitudes, nous voulons que la culture soit accessible et vivante, et à l'heure de l'intelligence artificielle, rencontrer et échanger avec les auteurs nous rappellent que derrière une œuvre, il y a quelqu'un. »

Nathalie Saint-Cricq et Patrice Duhamel, couple de journalistes politiques et parents du journaliste Benjamin Duhamel, ont été interrogés sur la prochaine Présidentielle. « Les gens ne nous parlent que de cela ! On sent une grande inquiétude », a déclaré Patrice Duhamel, qui a ajouté n'avoir « jamais connu un tel contexte de crises multiples, sociétale, financière, internationale… Mais pour la Présidentielle, c'est trop tôt. On y verra plus clair en décembre voire en janvier, pas avant. »

François-Henri Désérable, entre vin et littérature

François-Henri Désérable, ancien joueur de hockey sur glace ayant passé deux ans chez les Vipers de Montpellier, a évoqué son dernier roman « Le Palais » face à notre journaliste Vincent Coste. Il a raconté avec verve comment il a découvert l'univers du vin, lui qui n'y connaissait rien avant 2020. Il voit le vin comme « un accélérateur d'amitié » et « une machine à remonter le temps », ayant tenu dans ses mains un Château Yquem datant de Thomas Jefferson : « imaginez que quand les raisins de ce nectar pendaient sur la grappe, Louis XVI avait encore sa tête ! »

L'écrivain, qui a aussi effectué un voyage dans la « rust belt » américaine, la « ceinture de la rouille » des états désindustrialisés qui ont voté Trump, n'en a pas tiré de quoi « asséner une série d'uppercuts à (ses) préjugés », mais plutôt un pamphlet. Avant de déclamer un poème de Baudelaire « Enivrez-vous » et d'embrasser son intervieweur, il a assuré que tout agnostique devrait essayer un Cheval Blanc 2009, le mystère de l'existence de Dieu s'y trouverait concentré dans un seul verre. Le salon se poursuit ce dimanche au Palais des congrès de La Grande-Motte.