Raoul Vaneigem, l'un des penseurs les plus radicaux de l'Internationale situationniste et auteur du célèbre «Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations», est mort le 28 juillet 2026 à Barcelone, à l'âge de 92 ans. Sa disparition a été annoncée par sa famille et confirmée par son éditeur.
Un intellectuel incontournable de la contestation
Né en 1934 en Belgique, Raoul Vaneigem a marqué l'histoire des idées en participant activement à l'Internationale situationniste de 1961 à 1969, aux côtés de Guy Debord. En 1967, il publie le «Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations», un ouvrage qui devient un véritable manifeste pour les étudiants et les contestataires de Mai 68. Le livre, vendu à plus de 200 000 exemplaires, prône une révolution de la vie quotidienne et un rejet total de la société de consommation.
Une radicalité intacte jusqu'au bout
Dans un grand entretien accordé au Nouvel Observateur en avril 2008, à l'occasion du quarantième anniversaire de Mai 68, Vaneigem affirmait n'avoir rien perdu de sa radicalité. Interrogé sur les leçons de vie pour un jeune de 20 ans, il répondait : «Je ne suis ni maître à penser ni donneur de leçons. Je souhaite seulement que chacun apprenne à mener son existence selon ses désirs et en ce qu’elle a de plus riche : l’expérience de l’h…» Une phrase qui résume sa philosophie : l'épanouissement individuel par la subversion des normes.
Une œuvre prolifique et engagée
Au-delà de son traité fondateur, Vaneigem a publié de nombreux essais, dont «Entre le deuil du monde et la joie de vivre. Les situationnistes et la mutation des comportements» (2008, Verticales) et «Déclaration des droits des êtres humains sur la terre» (2014). Il y dénonce inlassablement «un monde ruiné par l’inhumanité que propage le culte de la marchandise», selon ses propres termes. Ses écrits continuent d'influencer les mouvements altermondialistes et écologistes.
Un hommage à Barcelone
C'est dans la ville de Barcelone, où il s'était installé depuis les années 1990, que Raoul Vaneigem s'est éteint. Sa disparition suscite de nombreux hommages, notamment de la part d'intellectuels et d'activistes qui saluent en lui un penseur irréductible et un poète de la révolte. Selon son ami et éditeur, «il restera une voix unique, qui a toujours su allier la critique sociale la plus acérée à un optimisme vitaliste.»



