Ovidie : "Le 'je' n'a pas la même signification selon le genre"
Ovidie : "Le 'je' n'a pas la même signification selon le genre"

Dans un épisode du podcast Mot pour Mots du journal Le Monde, l'autrice et réalisatrice Ovidie revient sur la différence de signification du pronom personnel « je » selon le genre de la personne qui l'emploie. Selon elle, « le “je” n’a pas la même signification si on est un homme ou une femme », une affirmation qui interroge les rapports de pouvoir et la légitimité dans l'écriture.

Un constat sur l'asymétrie de genre dans l'écriture

Ovidie, connue pour ses travaux sur la sexualité et le féminisme, explique que le pronom « je » est souvent perçu comme universel lorsqu'il est employé par un homme, alors qu'il est immédiatement rattaché à une expérience féminine spécifique quand c'est une femme qui parle. Elle souligne que cette différence est liée à des siècles de domination masculine dans la littérature et les médias.

L'autrice précise que cette asymétrie a des conséquences sur la réception des œuvres : les récits à la première personne écrits par des femmes sont souvent lus comme des témoignages personnels, tandis que ceux des hommes sont considérés comme des réflexions universelles. Ovidie cite son propre parcours pour illustrer ce phénomène.

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L'impact sur la légitimité et la crédibilité

Ovidie développe l'idée que cette différence de traitement affecte la légitimité des autrices. Elle affirme que les femmes doivent souvent justifier davantage leur présence dans l'espace public et littéraire. « Quand une femme dit “je”, on lui demande de prouver qu'elle a le droit de le faire », déclare-t-elle dans l'épisode.

La réalisatrice évoque également les réactions critiques qu'elle a pu recevoir, où son utilisation du « je » était perçue comme trop personnelle ou narcissique, alors que des auteurs masculins utilisant la même forme étaient loués pour leur audace. Selon elle, ce biais est encore très présent dans le monde de l'édition et des médias.

Un appel à la prise de conscience collective

Ovidie invite les auditeurs et auditrices à réfléchir à ces mécanismes et à les déconstruire. Elle encourage les femmes à continuer d'utiliser le « je » sans autocensure, tout en appelant les hommes à prendre conscience de leur privilège. L'épisode de Mot pour Mots s'inscrit dans une série de réflexions sur la place des femmes dans la culture.

Cet entretien prolonge les thèmes abordés par Ovidie dans ses livres et films, où elle explore les rapports de pouvoir dans les discours intimes et publics. Pour elle, changer la perception du « je » est un enjeu politique et littéraire majeur.

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