La comédienne Mélanie Page, épouse de Nagui, sera à l'affiche du Festival de Ramatuelle le 7 août avec la pièce «Je m'appelle Georges et vous ?». Elle y dévoilera également son premier roman, «Peaux à peaux», paru chez Albin Michel. L'ouvrage est né d'un déclic sur les planches d'Anthéa, à Antibes, et brise les tabous liés à la maternité.
Le déclic à Antibes
Mélanie Page s'est longtemps interdit d'écrire, par peur de ne pas égaler ses parents. Le déclic a eu lieu en septembre 2024 sur la scène d'Anthéa, à Antibes, où elle interprétait le seul-en-scène «Ce qui ne nous tue pas», mis en scène par Nicolas Briançon. «C'est à Antibes que j'ai eu le déclic. Je jouais l'histoire vraie de quelqu'un qui s'était toute sa vie empêchée d'écrire et qui, en passant près de la mort, se rendait compte qu'il passait à côté de sa vie. Sur scène, je me suis rendu compte à quel point je me parlais à moi-même. J'ai dit stop aux excuses», confie-t-elle.
Une écriture nocturne et un hommage à sa mère
La perte de sa mère durant les répétitions a renforcé cette prise de conscience. Sa mère, décrite comme un «petit génie» peintre, avait attendu la retraite pour publier. Mélanie Page a écrit son premier chapitre sur son téléphone portable, entre minuit et trois heures du matin. La couverture du livre, «Les trois âges de la femme» de Gustav Klimt, était le tableau préféré de sa mère. L'humoriste Virginie Lemoine a joué le rôle de «sage-femme de son écriture».
«Peaux à peaux» : un roman polyphonique sur la maternité
Le titre «Peaux à peaux» joue sur le pluriel : au-delà du contact mère-enfant, le «X» final symbolise la capacité de l'autrice à se glisser dans la peau de multiples femmes. Mélanie Page s'est documentée sur des sujets comme un procès aux assises, le cancer, la trisomie ou l'adoption. «Le fait d'être comédien rend empathique. À force d'être dans la peau d'un personnage, on sait se mettre dans cette peau. Tout ce que j'ai écrit, je l'ai ressenti, même si je ne l'ai pas vécu en vrai», explique-t-elle.
Briser les tabous de la maternité
L'ouvrage aborde sans concession la disparition du désir du conjoint après l'accouchement, le traumatisme des fausses couches, ou le déchirement d'une mère homosexuelle non reconnue juridiquement lors d'une séparation. L'objectif est de déculpabiliser les mères face aux injonctions de perfection. Des moments plus légers ponctuent le récit : premier jour d'école, spectacles de fin d'année, vacances chez la belle-mère.
Présence au Festival de Ramatuelle
Le 2 août, Mélanie Page dédicacera «Peaux à peaux» au Café de l'Ormeau à Ramatuelle, de 10h à 12h30, dans le cadre des «Plumes de Ramatuelle». Le 7 août à 21h30, elle jouera «Je m'appelle Georges et vous ?», pièce nommée au Molière de la meilleure comédie, qualifiée de «bulle de champagne». Tarif : 72 euros. www.festivalderamatuelle.com/ramatuelle. Un deuxième roman est déjà en préparation.



