Le musée d'Orsay à Paris consacre une exposition inédite à Luchino Visconti, intitulée « Visconti, aux origines d'un destin ». Elle se tient du 15 mars au 15 juillet 2024. L'exposition rassemble plus de 300 œuvres, dont des photographies, des extraits de films, des costumes et des documents d'archives. L'objectif est de montrer comment le cinéaste italien, né en 1906 dans une famille aristocratique milanaise, a puisé dans ses origines pour créer des films emblématiques comme Le Guépard ou Mort à Venise.
Une plongée dans l'univers familial de Visconti
Le parcours de l'exposition débute par la généalogie de la famille Visconti, l'une des plus anciennes noblesses italiennes. Des portraits de ses ancêtres, des lettres et des objets personnels sont présentés. Selon les commissaires, cette immersion permet de comprendre l'importance de la lignée dans la construction de l'identité du cinéaste. « Visconti n'a jamais cessé de s'interroger sur sa place dans l'histoire, et cette exposition montre comment ses racines ont nourri son art », explique Jean-Michel Bouhours, co-commissaire de l'exposition.
De la scène à l'écran : une carrière éclectique
L'exposition retrace également le parcours de Visconti, qui a débuté dans le théâtre avant de se tourner vers le cinéma. Ses collaborations avec la Scala de Milan et ses mises en scène d'opéras sont évoquées à travers des maquettes et des costumes. On découvre comment il a révolutionné le réalisme italien avec Ossessione (1943), considéré comme le premier film néoréaliste. Des documents de tournage et des entretiens filmés avec ses acteurs, comme Claudia Cardinale ou Alain Delon, enrichissent la visite.
Un regard sur la décadence et la beauté
L'exposition met en lumière les thèmes récurrents dans l'œuvre de Visconti : la décadence de l'aristocratie, la beauté, la mort et la mélancolie. Des extraits de Les Damnés (1969) et de Ludwig (1973) sont projetés dans une salle dédiée, accompagnés d'une bande-son de Gustav Mahler. Selon les critiques, cette section est la plus émouvante, car elle révèle la sensibilité profonde du cinéaste face à la fin d'un monde.
Une scénographie immersive
La scénographie, signée par le designer italien Piero Lissoni, utilise des jeux de lumière et de miroirs pour évoquer l'atmosphère des palais italiens. Des reconstitutions de décors, comme le salon du Guépard, plongent le visiteur dans l'univers viscontien. Le musée d'Orsay a également programmé un cycle de projections de ses films restaurés, ainsi que des conférences et des rencontres avec des spécialistes.
Un héritage toujours vivant
L'exposition s'achève sur l'influence de Visconti sur les cinéastes contemporains, tels que Martin Scorsese ou Paolo Sorrentino. Des témoignages de réalisateurs actuels soulignent la modernité de son approche esthétique et narrative. « Visconti a créé des images qui continuent de nous hanter », déclare le cinéaste italien Matteo Garrone. Avec cette exposition, le musée d'Orsay rend hommage à un maître du cinéma européen, tout en offrant une réflexion sur le poids de l'histoire et de la famille dans la création artistique.



