Une bande dessinée intitulée "Colette" (Delcourt, 240 pages, 24,50 euros) explore la vie tumultueuse de l'écrivaine Sidonie-Gabrielle Colette (1873-1954), pionnière de l'autofiction, journaliste, vedette de music-hall et première femme à recevoir des obsèques nationales. L'album, scénarisé par Séverine Vidal et dessiné par Kim Consigny, met en lumière son séjour à Saint-Tropez de 1925 à 1937, dans sa demeure la Treille Muscate, avant qu'elle ne fuie l'envahissement touristique et médiatique.
Une vie de scandales et de liberté
Le roman graphique s'ouvre sur sa naissance en 1873 et se clôt sur sa mort en 1954. Entre les deux, il dépeint une femme qui provoqua le scandale par sa nudité, sa bisexualité et ses relations avec des hommes plus jeunes, tout en gérant une vie sentimentale tempétueuse. Vidal explique dans sa postface : "Vous êtes fascinante, absolument jamais là où on vous attend (...) Mais je ne nous ai pas aimée tout le temps, loin de là (...) Certains passages ont été douloureux à scénariser."
Une méthode biographique éprouvée
Après son album sur George Sand, Vidal s'allie de nouveau à Consigny pour une œuvre en noir et blanc au trait fin, avec des cases privilégiant la lumière. Les dialogues bien troussés font cheminer aux côtés de l'héroïne, qui se dépêtre d'une vie sentimentale digne d'un vaudeville. Colette, plus prompte à se réinventer qu'à s'occuper de sa fille unique, entretient des relations compliquées avec sa progéniture, dont le désarroi est partagé au fil des cases.
Saint-Tropez, un amour éphémère
L'histoire d'amour entre Saint-Tropez et Colette débuta en 1925 et dura à peine douze ans. Elle s'incarna dans la Treille Muscate, un petit mas provençal du XIXe siècle. Colette renouait ainsi avec les origines varoises de son père, le capitaine Jules Colette né à Toulon. Ce bonheur tropézien ressurgit dans trois de ses livres : La Naissance du Jour (1928), La Treille Muscate (1932) et Bella Vista (1937).
Une force de renaissance
L'album cite Colette : "Renaître n'a jamais été au-dessus de mes forces." Il vise à partager avec drôlerie la force qui animait celle qui devint la première femme présidente de l'académie Goncourt. Vidal remercie Colette pour "la profusion et l'intensité" générées par cet ouvrage.



