La psychanalyste et écrivaine Catherine Millot est décédée à l'âge de 81 ans. L'information, rapportée par Le Monde le 31 août 2026, a été confirmée par son éditeur, les Éditions Gallimard. Figure discrète de la psychanalyse française, elle était connue pour ses récits autobiographiques et ses essais, nourris par son expérience de l'analyse et sa fréquentation de l'œuvre de Jacques Lacan.
Une vie consacrée à la psychanalyse et à l'écriture
Née en 1945, Catherine Millot a suivi une formation de psychanalyste dans le sillage de Jacques Lacan, dont elle a suivi les séminaires. Elle a exercé pendant plusieurs décennies à Paris. Son premier ouvrage, Freud antipedagogue, paru en 1979, a marqué les esprits par sa lecture critique des méthodes éducatives inspirées de la psychanalyse. Elle a ensuite publié une dizaine de livres, mêlant récit intime et réflexion théorique.
Son livre le plus célèbre, La Vie avec Lacan, paru en 2016, a rencontré un large succès. Dans ce court récit, elle évoque sa relation avec le maître, dont elle fut l'une des dernières proches. Le livre, salué par la critique, a été traduit dans de nombreuses langues. Il a contribué à faire connaître au grand public une figure souvent jugée difficile d'accès.
Une œuvre marquée par la perte et l'intime
Dans ses écrits, Catherine Millot a exploré des thèmes comme la solitude, le deuil et la passion amoureuse. Son livre Abîmes ordinaires (2001) interroge les limites de l'expérience intérieure. Dans La Vie avec Lacan, elle écrit : « Il m'a appris à ne pas céder sur mon désir, mais aussi à accepter le manque. » Cette citation, souvent reprise, illustre son attachement à l'enseignement de Lacan.
Elle a également publié des ouvrages plus personnels, comme Gisèle, une femme (2020), portrait de sa mère, ou Le Goût du bonheur (2023), où elle interroge la possibilité d'une joie durable. Son dernier livre, La Fin du voyage, est paru en janvier 2026. Il aborde la question de la vieillesse et de la mort, un thème qui l'a occupée jusqu'au bout.
Un héritage intellectuel et littéraire
Catherine Millot laisse une œuvre singulière, à la croisée de la psychanalyse, de la littérature et de la philosophie. Ses livres, écrits dans une prose limpide, ont été salués pour leur honnêteté intellectuelle. Elle a également contribué à des revues spécialisées et participé à des colloques internationaux.
Sa disparition est une perte pour le monde de la psychanalyse et pour la littérature française. Ses lecteurs retiendront une voix exigeante, refusant les compromis. Comme elle l'écrivait dans La Vie avec Lacan : « La psychanalyse ne promet pas le bonheur, elle promet un autre rapport à la vérité. » Cette phrase résume son parcours.
Les obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité, a précisé son éditeur. Un hommage public pourrait être organisé dans les prochaines semaines, mais aucune date n'a encore été fixée. Son œuvre, traduite dans une vingtaine de langues, continuera de témoigner de sa contribution à la pensée contemporaine.



