Arles: nouvelles résidences littéraires pour la traduction
Arles: résidences littéraires pour la traduction

La ville d'Arles, déjà réputée pour ses Rencontres de la photographie et sa Fondation Luma, s'apprête à devenir un pôle majeur de la traduction littéraire. Deux nouvelles résidences, exclusivement consacrées à cet art, ouvriront leurs portes en 2026. Portées par la Fondation Luma, en partenariat avec la municipalité, elles visent à attirer des traducteurs du monde entier, offrant un cadre propice à la création et aux échanges.

Un projet ambitieux pour la cité arlésienne

Le projet, dévoilé ce mardi 5 août, s'inscrit dans la dynamique culturelle de la ville. La Fondation Luma, fondée par Maja Hoffmann, investit dans ces espaces pour renforcer le lien entre création contemporaine et patrimoine. Les résidences seront situées dans des bâtiments rénovés du centre historique, à proximité des anciennes arènes. L'objectif est de créer un lieu de vie et de travail où les traducteurs pourront se consacrer pleinement à leurs projets, mais aussi échanger avec des auteurs, des éditeurs et des chercheurs.

Un programme sur mesure pour les traducteurs

Chaque résidence accueillera simultanément plusieurs traducteurs, sélectionnés sur dossier par un comité international. Les séjours dureront de deux à six mois, selon les besoins des projets. En plus d'un logement et d'un espace de travail, les résidents bénéficieront d'une bourse mensuelle, d'un accès aux archives de la Fondation et d'un programme de rencontres. Des ateliers de traduction, des lectures publiques et des masterclasses seront également organisés tout au long de l'année.

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Un soutien financier et logistique de la ville

La municipalité d'Arles, dirigée par le maire Patrick de Carolis, a accordé une subvention annuelle de 200 000 euros pour le fonctionnement des résidences. En contrepartie, la ville met à disposition deux bâtiments municipaux, dont l'ancien couvent des Carmes, qui sera entièrement réhabilité. Les travaux, estimés à 1,5 million d'euros, seront cofinancés par la Fondation Luma et la Région Sud. L'ouverture est prévue pour le premier trimestre 2026, avec une première promotion de huit résidents.

Un impact culturel et économique attendu

Selon la Fondation Luma, ces résidences devraient attirer une soixantaine de traducteurs par an, venant d'une trentaine de pays. Elles contribueront à faire d'Arles un carrefour de la traduction en Europe, aux côtés de villes comme Arles, Saint-Nazaire ou encore Paris. Sur le plan local, le projet devrait générer des retombées économiques non négligeables, notamment dans les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration et du tourisme culturel. La ville espère ainsi renforcer son attractivité, déjà portée par les Rencontres de la photographie qui attirent chaque année plus de 100 000 visiteurs.

Un appel à candidatures international

Les candidatures pour la première session, qui débutera en mars 2026, seront ouvertes à partir de septembre 2025. Les traducteurs professionnels, ayant au moins deux ouvrages publiés, pourront postuler en ligne sur le site de la Fondation. Une attention particulière sera portée aux projets de traduction d'œuvres provenant de langues rares ou peu traduites. Le comité de sélection, composé de traducteurs renommés, d'éditeurs et de responsables culturels, rendra sa décision en décembre 2025.

Un nouvel élan pour la traduction en France

Ce projet s'inscrit dans un contexte où la traduction occupe une place croissante dans le paysage éditorial français. Selon le Syndicat national de l'édition, près de 20% des livres publiés en France sont des traductions. Les résidences d'Arles pourraient ainsi contribuer à soutenir cette dynamique, en offrant aux traducteurs des conditions de travail optimales et en favorisant les échanges interculturels. La ville d'Arles, forte de son patrimoine antique et de sa scène artistique contemporaine, se positionne comme un lieu privilégié pour la création littéraire.

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