Un essai philosophique sur Israël après le 7 octobre
Le 7 octobre 2023, le Hamas massacre des Israéliens. Nathan Devers, depuis Beyrouth où il reçoit un prix littéraire, vit ce choc. Il en tire un livre, Aimer Jérusalem, qui refuse les deux facilités symétriques : ni l'incantation victimaire, ni la détestation commode.
Le peuple juif comme peuple-texte
Devers développe l'idée que le peuple juif est un peuple-texte, créé par un livre où il a puisé sa mémoire, ses rêves, ses névroses et ses rites, avant d'habiter une terre. Cette relecture profane de la Bible arrache le texte aux extrémistes et le rend à la liberté du lecteur.
Une herméneutique vivante contre les intégristes
Face à des ministres comme Smotrich et Ben Gvir, qui lisent les Écritures comme des actes notariaux, Devers oppose une herméneutique vivante : le texte appartient à celui qui le relit, le tord, le discute. Il se rend sur les lieux du ravage, interroge des rescapés du festival Nova, arpente les villes et les mémoires vives.
Une philosophie incarnée
La philosophie n'est pas qu'une volonté, c'est une nécessité. On pense avec ses pieds, ses yeux, ses peurs. Devers, ancien futur rabbin, mêle réflexions intimes et politiques. Le livre convoque Steiner, Proust, Scholem, et oppose Tel-Aviv, l'utopie réussie, à Jérusalem, la ville du songe.
Un essai audacieux et courageux qui ose, aujourd'hui en France, attaquer la question israélo-palestinienne par le flanc textuel, philosophique, intime et politique.



