Quatre épreuves éliminatoires au fil de la saison, un restaurant à gérer depuis Lyon pendant les tournages, et une concurrence présentée comme imbattable. Viviana Pisacane n'a pas vécu la saison la plus tranquille de l'histoire de « Top Chef », et c'est peut-être pour cela qu'elle l'a remportée.
Une finale maîtrisée
Mercredi soir, la cheffe de 34 ans a décroché la victoire du concours de M6 à l'issue de la finale face à Alexy, avec un menu qui a conquis le jury : un thon brûlé à la flamme, persillade et sauce soja en entrée ; un veau rôti, topinambours, anguille fumée et ail noir en plat ; et une création autour du chocolat et des framboises en dessert.
Viviana a répondu aux questions de 20 Minutes quelques jours avant la diffusion de la finale.
Un sentiment de victoire
Comment avez-vous vécu cette victoire ?
Je pense que je vais vraiment m'en rendre compte quand ça passera à la télé. Mais pour moi-même, cela ne changera rien, sauf le fait qu'il faut s'apprécier un peu plus soi-même. Cela m'a donné plus de confiance en moi.
Face à un favori
Votre concurrent Alexy a été présenté comme le grand favori tout au long de la saison. Comment avez-vous vécu cela ?
Je ne regarde pas vraiment la concurrence. Pas seulement dans « Top Chef », mais dans la vie de tous les jours, je suis comme ça : j'essaye de penser à moi. Travailler seule m'a aidée, car j'ai beaucoup travaillé en binôme et ce n'était pas le bon choix pour moi. J'aurais dû m'imposer davantage dès le début, mais j'aime laisser de l'espace à tout le monde.
Une saison sans brigade
Cette saison 17 était inédite, sans brigade, chaque candidat seul face au jury. Avez-vous failli abandonner ?
Oui, à un moment très dur, mais ce n'était pas à cause de « Top Chef », mais de ma vie personnelle. Je devais gérer mon restaurant à Lyon en même temps, j'étais constamment occupée. Pendant mes jours de repos sans tournage, j'étais à Lyon pour les commandes, les fournisseurs, les problèmes... Mais je me suis dit que je n'allais pas lâcher l'affaire, je ne suis pas comme ça. Quand je commence quelque chose, j'aime le terminer. Les épreuves éliminatoires confirment simplement que tu es à ta place. Si tu en passes quatre, c'est que tu es vraiment à ta place.
Le plat préféré
Quel est le plat dont vous êtes la plus fière, pas forcément celui que le jury a le plus apprécié ?
J'ai adoré réaliser le plat mono texture, mono consistance. C'était une sorte de bruschetta, mais uniquement en texture molle. C'était une véritable expérience, et même en le regardant à la télé, je me suis dit que c'était super joli et que je pourrais l'ajouter à la carte de mon restaurant.
Pourquoi participer ?
Qu'est-ce qui vous a poussée à tout mettre entre parenthèses pour entrer dans cette compétition ?
J'avais rencontré un chef qui m'avait dit : « Pourquoi ne t'inscris-tu pas à Top Chef ? » J'avais déjà candidaté deux fois sans donner suite, alors je me suis dit que si j'étais prise cette fois-ci, j'irais jusqu'au bout. Ils m'ont appelée et demandé si je voulais venir dans trois jours à Paris pour le casting. Là, je me suis dit que c'était bon, c'était lancé.
Une vocation familiale
Votre père est pâtissier depuis trente ans, votre grand-père était chef... La cuisine était-elle une évidence ou un choix ?
Pour moi, c'était une évidence, je ne voulais pas faire autre chose et c'est toujours le cas aujourd'hui. La cuisine a toujours été mon repère. Quand j'étais petite et que je n'allais pas bien, j'aimais me renfermer dans ma bulle et faire plein de pâtisseries. J'ai commencé très jeune à cuisiner, vers 9-10 ans, et comme nous étions souvent seuls à la maison, je cuisinais pour mon frère et ma sœur.
Une victoire pour les femmes
La gastronomie reste un milieu très masculin. L'avez-vous ressenti dans votre parcours ?
Cette victoire est pour moi, mais aussi pour toutes les filles. De nombreuses femmes m'envoient des messages sur les réseaux sociaux, me demandant comment je fais pour avoir toujours cette force et ce sourire ; elles m'appellent le « soleil de Top Chef ». Malheureusement, le sexisme est bien trop fréquent, en cuisine comme dans de nombreux métiers. Mais si on s'arrête à cela, si on réfléchit trop, on ne fait jamais rien. Il faut vivre les choses comme elles viennent et bien s'entourer.
Un restaurant franco-italien
Vous avez un restaurant franco-italien à Lyon. Comment dosez-vous ce mélange ?
Je fais une cuisine avec des produits locaux, à Lyon, mais j'essaye d'y apporter des touches italiennes. Pas une cuisine italienne traditionnelle, mais plutôt une cuisine novatrice. Tu ne trouveras pas de carbonara chez moi ! Je suis italienne, j'aurai donc toujours l'Italie dans ma voix et dans ma cuisine ; il est impossible de mettre à zéro qui je suis... Mais j'ai beaucoup travaillé en France et la cuisine française est entrée en moi. Chez moi, tu trouveras toujours des pâtes fraîches, de la burrata, de l'huile italienne, mais tu ne viendras pas pour manger une pizza.



