Montpellier Danse 46e édition : une ouverture subtile en deux temps
Montpellier Danse 46e : ouverture subtile en deux temps

La 46e édition du festival Montpellier Danse a préféré une ouverture subtile et pleine de messages à un lancement tonitruant, questionnant l'esprit de l'art chorégraphique et la place de l'individu et du collectif. En deux temps, trois mouvements, la nouvelle codirection – composée de Jann Gallois, Dominique Hervieu, Hofesh Shechter et Pierre Martinez – a choisi de ne pas simplement poursuivre ou rompre avec l'héritage de Jean-Paul Montanari, disparu en 2025, mais d'aller ailleurs, de l'avant.

Premier temps : Histoires de danses

Samedi, le festival s'est ouvert avec Histoires de danses, un voyage dans l'espace-temps de l'ancien couvent des Ursulines, devenu Agora, cité internationale de la danse. Par groupes, le public a déambulé entre studios, cour et théâtre, découvrant des extraits de pièces emblématiques et des éclats de créations contemporaines signés Bagouet, Rizzo & Olive, Monnier, Pichaud, Gallois, Chamblas & Lkahnati, Shechter, Saniou & Clauss. Ces miscellanées ont offert une réflexion sur le continuum du patrimoine et de l'actualité dans les lieux et les corps.

Second mouvement : Ulysse Marion

Le même soir, dans la cour Montanari, Dimitri Chamblas a présenté Ulysse Marion, avec Marion Barbeau et Ulysse Zangs. Barbeau, ancienne première danseuse de l'Opéra de Paris passée au cinéma avec En corps de Klapisch, a filé la métaphore de son émancipation par le geste et le vêtement. Zangs, danseur et chanteur, a mis en scène sa dualité avec mélancolie. Leur virtuosité mirifique, tutoyant le sublime, a transcendé la littéralité du propos.

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Troisième mouvement : Cinq jours au soleil

Dimanche, le collectif a pris le relais avec Cinq jours au soleil d'Emanuel Gat, créé à l'opéra Berlioz pour douze danseurs. La pièce, basée sur les quatre premiers mouvements de la Symphonie n°5 de Mahler, a convoqué un maelström d'élans du cœur et du corps, du tourment à l'extase, du chagrin à la joie. Portée par une troupe renouvelée, la chorégraphie virevoltante a souligné les singularités techniques tout en affirmant la communauté artistique. « Ils font corps », résume le critique. Montpellier Danse a bien commencé.

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