Le mercredi 29 juillet, la chanteuse Leïla Huissoud a donné le coup d’envoi de la 22e édition du Festiv’Allier, à Langogne, en Lozère. Installée sur les terrasses de l’école Jeanne-d’Arc, elle a offert un récital nocturne placé sous le signe de la pleine lune, qui s’est levée dès ses premiers accords de guitare, comme pour éclairer sa prestation. Ce moment de grâce a immédiatement créé une atmosphère singulière, transformant le concert en une expérience unique pour les spectateurs présents.
Le public, conquis, est passé des larmes aux éclats de rire, porté par l’énergie et la fragilité de l’artiste. Ses longues digressions entre les chansons, pleines d’autodérision, ont été particulièrement appréciées, tout comme sa complicité avec son complice guitariste, Kévin Fauchet.
Un festival aux multiples facettes
Le Festiv’Allier, porté par l’association Les Fadarelles, se déroule jusqu’au 1er août. Il propose une programmation éclectique, mêlant spectacles d’arts de la rue et de cirque dans les rues de la cité millénaire, concerts intimistes dans les jardins et concerts festifs sur la grande scène installée au cœur de la ville. Cette diversité fait la force de l’événement, qui séduit un public toujours plus large depuis sa création.
Langogne, avec son patrimoine et son atmosphère, offre un écrin remarquable à ce festival. Les spectateurs peuvent déambuler d’une scène à l’autre, découvrir des installations éphémères et profiter de concerts dans des cadres aussi variés que les terrasses, les jardins ou la place principale. Le mélange des genres, rare dans le paysage des festivals de la région, permet à chacun de trouver son bonheur, que l’on soit amateur de cirque, de musique ou de spectacles de rue.
Une artiste qui va droit au cœur
Accompagnée par son complice Kévin Fauchet à la guitare, Leïla Huissoud a enchaîné les mélodies, entrecoupées de longues digressions très appréciées du public. Sa bonne humeur, son autodérision et son énergie ont immédiatement accroché l’auditoire. L’artiste, dont l’envie de compréhension semble légèrement surdosée, a su toucher profondément les spectateurs, les faisant passer du rire aux larmes en quelques instants. Sa voix, tour à tour puissante et fragile, a porté ses textes avec une justesse remarquable, soutenue par des arrangements sobres et élégants.
Ses chansons puisent dans son intimité : la vie, les déceptions, les illusions perdues, la séparation d’avec ses sœurs, l’apprentissage de l’indépendance. Elle évoque avec tendresse son professeur de terminale, qui lui a enseigné à voir les belles choses et à ne pas se laisser tondre, comme il le répétait à ses élèves. Ces récits personnels, délivrés avec sincérité, ont visiblement trouvé un écho chez les spectateurs, qui se sont reconnus dans ces histoires universelles.
Des influences revendiquées
Marquée par Georges Brassens, Jean Ferrat, Philippe Chatel et sa chanson phare La Lycéenne, Leïla Huissoud s’est construite sur ces références tout en affirmant son propre regard. Elle adresse d’ailleurs un clin d’œil à Serge Gainsbourg en lançant : « Je suis venu te dire que je m’en fous. » Elle n’hésite pas non plus à prendre la plume pour témoigner de son époque : « Bienvenue au pays des lâches ! Trinquons à nous les impuissants ! Même si ce n’est pas toi qui tiens la hache, ton opinion si elle fait tache, on la nettoie dans l’instant ! »
Ses textes, à la fois personnels et universels, ont visiblement résonné dans le public, qui a longuement applaudi et bissé la chanteuse à l’issue de son récital. Une ouverture en beauté pour cette édition 2026, qui donne le ton pour la suite du festival.
La programmation de la soirée du 31 juillet
Le festival se poursuit vendredi 31 juillet avec plusieurs rendez-vous gratuits. À 18 h 30, la compagnie Folle allure présentera un spectacle de vélo acrobatique intitulé Faudrait pas rester planter là. À 20 h 30, le groupe Arthur Fu Bandini enchaînera avec du pop rock. À 22 h, place à Bancal chéri pour une set de rock, avant que Zarhzä ne clôture la soirée dès 23 h 45 avec un mélange original de chanson, Balkans, klezmer, latino, ska et punk. De quoi satisfaire tous les goûts musicaux.
Ces concerts sont gratuits et ouverts à tous. Pour le programme complet, les organisateurs renvoient vers le site www.festivallier48.fr. Pour tout renseignement complémentaire, il est également possible de contacter le correspondant Midi Libre au 06 72 11 89 06.
L’édition 2026 du Festiv’Allier est donc bien lancée, portée par une artiste qui a su transmettre toute l’émotion et la convivialité propres à ce festival. Les prochains jours promettent encore de belles découvertes pour les amateurs de spectacles vivants, qui pourront profiter de la richesse et de la diversité de la programmation.



