Vingt ans après ses débuts sur la scène des arènes de Nîmes, Julien Doré a signé samedi soir un retour aussi émouvant que fédérateur. Devant des gradins combles, l’enfant d’Alès a offert près de deux heures d’un concert où se sont mêlés tubes, autodérision et complicité avec un public conquis.
Un retour aux sources émouvant
« C’est ici que tout a commencé il y a vingt ans. » Dès les premières minutes, Julien Doré plante le décor. Plus qu’une simple étape de tournée, cette date nîmoise a des allures de retour aux sources. Accueilli par une ovation, le chanteur ouvre le bal avec Le Lac. Instantanément, les milliers de spectateurs reprennent les paroles en chœur, donnant le ton d’une soirée placée sous le signe du partage.
Sur scène, l’artiste alterne les grands succès de son répertoire avec un naturel désarmant. Entre deux morceaux, il multiplie les échanges avec le public, joue de son humour et n’hésite pas à se moquer de lui-même. Régulièrement filmé par un caméraman présent sur scène, son visage apparaît en très gros plan sur les écrans géants, créant une véritable intimité malgré les dimensions monumentales des arènes.
Un spectacle généreux et sans temps mort
Impossible de rester simple spectateur. Julien Doré entraîne rapidement tout l’amphithéâtre dans un immense karaoké sur Les Limites, avant de remercier à plusieurs reprises les musiciens et les techniciens qui l’accompagnent. Une manière de rappeler que derrière le succès se cache avant tout un travail d’équipe.
Parmi les moments les plus inattendus de la soirée, une gigantesque chenille envahit les travées au son de la comptine Ah les crocodiles. Une séquence décalée qui résume parfaitement l’esprit du concert : celui d’un artiste qui refuse de se prendre au sérieux tout en maîtrisant parfaitement son spectacle.
Une émotion intacte
La soirée avait débuté avec Kema Baliardo, petit-fils de Manitas de Plata, qui a ensuite rejoint Julien Doré au cœur de la fosse pour une interprétation sensible des Yeux de la Mama. Un joli clin d’œil aux racines gitanes de la région.
Au fil des rappels, les « Julien ! Julien ! » descendus des gradins témoignent de l’attachement intact du public gardois. À 22 h 45, comme promis en début de concert, le chanteur tire sa révérence, laissant aux spectateurs le temps de rejoindre les terrasses pour suivre la victoire de l’équipe de France face au Paraguay. Vingt ans après ses premiers pas à Nîmes, Julien Doré prouve une nouvelle fois que les arènes demeurent l’un de ses plus beaux terrains de jeu.



