Le plus grand festival de spectacles de rue de la bande côtière azuréenne, les Déantibulations, souffle ses vingt bougies du 5 au 7 juin. Entre cirque en apesanteur, théâtre de rue chuchoté et soupe au pistou légendaire, la cité des Remparts s'apprête à vivre une métamorphose poétique. Plongée au cœur d'une édition anniversaire 100 % gratuite et accessible à tous.
L'âge de désobéir avec grâce
Vingt ans. Pour beaucoup, c'est l'âge de la maturité. Pour les Déantibulations, c'est le contraire. « C'est l'âge où l'on a enfin assez d'expérience pour faire n'importe quoi proprement », s'amuse l'organisation. Ce festival, né de la passion d'une association de « Pêcheurs de rêves », a su traverser le temps et attirer chaque année une véritable marée humaine, où les aspérités se dissolvent dans le sel de la Méditerranée.
Pour célébrer cet anniversaire, le festival déploie une programmation monumentale : 34 représentations, 20 compagnies et 1620 minutes de spectacle vivant réparties sur 9 lieux, de l'esplanade du Pré des Pêcheurs à la Pinède de Juan-les-Pins. Avec des ateliers, des masterclass, des défilés, des arts de la rue, du cirque, de la danse contemporaine engagée, de la musique, des formes originales. Morceaux choisis.
Un lancement en « Fanfoire »
Le coup d'envoi sera donné le vendredi 5 juin à 19 h 15 sur l'esplanade du Pré des Pêcheurs. À cette occasion, l'Association Culture Loisirs Antibes (ACLA), cheffe d'orchestre historique du festival, ressort les marmites. Au menu : la traditionnelle soupe au pistou offerte au public. Pendant que les bénévoles s'activeront, la « Fanfoire » de Piste d'Azur se chargera de faire monter la température avec ses cuivres rugissants et ses rythmes endiablés.
En 2026, le festival fait son grand retour à la médiathèque Albert Camus. Rendez-vous le vendredi 5 juin à 18 heures et samedi 6 juin à 17 h 35 place Mariéjol pour découvrir le spectacle Hématomes et quinte bémol de la compagnie Duo Kor. Un voyage musical revenant par le prisme des percussions corporelles sur les compositions marquantes de notre époque, à partir de 8 ans. Précédé à 14 h 15 de Bakana par la Cie Das Arnak sur l'Esplanade du Pré aux pêcheurs. Usant d'un objet aussi commun que le drap blanc, Tancarville jouera une fresque où l'absurde entraîne l'humour samedi à 22 h sur l'Esplanade du Pré aux pêcheurs.
Une programmation en lien avec la résistance au féminin
Le week-end sera une succession de chocs esthétiques et d'émotions suspendues. La compagnie Lady Cocktail présentera De la Mort qui Tue, une épopée circassienne vertigineuse pour célébrer l'urgence de vivre. On y rira de la faucheuse entre deux acrobaties à couper le souffle, samedi à 19 h 45 et dimanche à 17 h 50 sur l'Esplanade du Pré des pêcheurs (à partir de 6 ans).
Le public ne sera pas seulement spectateur, il deviendra acteur. Avec la compagnie Nacho Flores et son spectacle Domte, les volontaires participeront activement à la construction de structures sur scène ! Un spectacle de cirque contemporain à partir de 10 ans samedi à 18 h 55 et dimanche à 19 h 10 sur l'Esplanade du Pré des pêcheurs. Au même endroit, samedi à 17 h 35 et dimanche à 15 h 40, la compagnie Un de ces Quatre embarquera la foule à bord de ses « Insubmersibles », un paquebot de rêve où le personnel de bord jongle, grimpe au rideau et joue de la trompette dans une ambiance de croisière totalement déjantée (à partir de 6 ans).
Quant à la Cie Chao.s, avec son spectacle Soro ! (samedi à 19 h 45 et dimanche à 19 h 10), elle investira également l'Esplanade pour y déployer une pensée féministe qui danse son combat comme une inébranlable déclaration d'amour à la vie (à partir de 10 ans). Mention spéciale aussi pour Les Josianes ou l'art de la résistance vendredi à 20 h 30 et samedi à 20 h 55. Un spectacle de rue qui mêle cirque, danse et danse verticale. Sur fond d'humour décalé, mêlant acrobaties, chorégraphies endiablées et chants polyphoniques, les quatre femmes de la compagnie Josianes nous racontent leurs aventures rocambolesques et explorent la notion de résistance au féminin. Et pour Fragments d'Arman II, par la Cie Antipodes, samedi à 11 h 30 sur le boulevard d'Aguillon, une performance mêlant le spectacle vivant aux artistes majeurs de la collection du MAMAC de Nice.
Juan-les-Pins entre dans la danse
La grande nouveauté de cette édition 2026 est l'investissement massif des espaces de Juan-les-Pins, notamment le dimanche 7 juin à 15 h 15. La petite Pinède et le boulevard Guillaumont vibreront au rythme des marionnettes géantes de la compagnie Archibald Caramantran. Leur spectacle Congo Massa transformera la ville en une jungle urbaine où le « groove de la brousse » fera danser les passants… aux côtés d'un lion en transe !
La musique, colonne vertébrale du festival, sera assurée par les déambulations frénétiques de la Batucada Pangaea - Le Bloco. Sous la direction du percussionniste brésilien Patinho Axé Correia, les rues d'Antibes et de Juan se transformeront en sambodrome improvisé, emportant tout sur leur passage. Samedi 6 juin à 14 h 50 au Pré des Pêcheurs et dimanche 7 juin à 12 h 05 au départ de la Pinède de Juan-les-Pins puis à 16 h 35 sur le bd Guillaumont à Antibes.
Le charme de l'imprévu et du temps qui s'étire
Un seul mot d'ordre : les Déantibulations étant une parenthèse où le temps s'étire, ne cherchez pas forcément à tout voir. Car le charme de l'événement réside justement dans l'imprévu. Comme le résume Olivier Riouffe : « Ce festival est une invitation à perdre un peu pied. À accepter que le réel se plie et que la poésie peut surgir d'un trottoir. » Pendant trois jours, Antibes sera une œuvre collective dont chaque spectateur sera partie prenante.
20e Déantibulations. À Antibes : Esplanade du Pré des Pêcheurs, Place Mariéjol, Tour Sarrazine, Boulevard d'Aguillon. À Juan-les-Pins : Pinède, Boulevard Charles Guillaumont, Statue de la Baigneuse. Retrouvez tous les détails de la programmation sur le site officiel.



