UPAINT fête ses 10 ans : l'art urbain s'invite à Monaco
UPAINT fête ses 10 ans : l'art urbain s'invite à Monaco

Alberto Colman court dans tous les sens. Ce dimanche 21 juin 2026, c'est l'ouverture de « son » festival, qu'il a créé entouré de sa famille. Le sexagénaire donne de la tête un peu partout et, pendant ce temps, les artistes arrivent au compte-gouttes pour prendre leurs repères sur ce qui va être leur deuxième maison.

Sur la promenade du Larvotto jusqu'à jeudi, 15 street-artistes vont chacun recouvrir une toile blanche, puis vendre leur œuvre pour récolter des dons pour la Fondation Prince Albert II. C'est, en quelques mots, le concept d'UPAINT, qui a vu le jour en 2017.

Une idée née en 2012

Pourtant, l'idée de faire ce festival remonte à quelques années plus tôt. « En 2012, au cours d'une soirée “Monte-Carlo Femme de l'année” dont je suis l'organisateur avec ma femme, il y avait Los Gringos, la vieille équipe d'artistes de Mr OneTeas, retrace le fondateur du festival. Ils étaient plusieurs et avaient représenté un enfant pour chacun des continents. On a vendu ces tableaux aux enchères pour l'association Monaco aide et présence (MAP) et c'est lors de cette soirée au Sporting que j'ai eu l'idée de créer un rendez-vous éphémère sur quelques jours dédié à ces artistes. »

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Le projet met quelques années à mûrir avant de finalement se concrétiser. « C'est un art qui n'est pas facile à pratiquer à Monaco. Il fallait trouver de la place et surtout un support pour ne pas salir les lieux », explique Alberto Colman. Dès sa première édition, le festival met à disposition des toiles géantes pour ses artistes.

Un format et un lieu en évolution

Depuis, le format des tableaux a changé. « À l'époque, les artistes peignaient à deux sur une toile de 6 par 2 mètres et l'acheteur devait rentrer chez lui avec ce mur gigantesque. Ce n'était pas pratique », se souvient le fondateur.

La localisation aussi a changé. Pour ses débuts, UPAINT prend ses quartiers face à la Rascasse, puis à l'autre bout du quai Albert-1er l'année suivante, avant de déménager devant l'ancien Stars'n'Bars, puis sur l'esplanade Stefano Casiraghi, sur la digue du port Hercule. Aujourd'hui, et depuis 2023, le festival a trouvé sa place sur la promenade du Larvotto, un lieu semi-fermé mais ouvert à tous, où sont désormais installés food-trucks et stands d'animation.

Un esprit de famille et de convivialité

Un espace convivial pensé comme un lieu de rencontre. « Souvent, les artistes se connaissent via les réseaux sociaux mais ne se sont jamais vus. Ici, c'est l'occasion de se voir comme une grande famille. On passe entre 2 et 5 jours ensemble et c'est la plus belle des choses », confie Alberto Colman. C'est justement ce que préfère le sexagénaire dans cette aventure : l'humain. À tel point que le patron de l'événement a décidé de blacklister deux artistes jugés en décalage avec l'esprit du festival. « Ils n'étaient pas assez sociables », estime-t-il.

En revanche, si le festival s'est fixé de recevoir chaque année de nouveaux artistes ou presque, cette 10e édition fait exception avec uniquement des noms qui ont déjà participé à UPAINT. Une manière de fêter cet anniversaire avec ceux qui ont fait le festival. « Trouver des garçons et des filles qui se donnent pour la bonne cause, c'est fabuleux », ajoute-t-il.

Une édition anniversaire sans thème

Autre exception pour cette édition anniversaire : l'absence de thème. Les artistes auront carte blanche pour séduire de futurs acheteurs et récolter des fonds pour la Fondation Prince Albert II.

Dix ans après la première édition d'UPAINT, Alberto Colman regarde dans le rétroviseur avec émotion. « L'autre soir, on se baladait avec ma femme et on regardait tout ce qu'on avait installé. On s'est dit : “c'est vraiment beau”, on a réussi à faire quelque chose avec nos moyens et très peu d'aides. On était partis de rien », raconte-t-il.

La visite du Prince Albert II, un moment fort

Son meilleur souvenir ? La venue du Prince, qui ne rate pas une édition. « Le Souverain vient nous voir chaque année. Lorsqu'il arrive, il est toujours très enthousiaste. Il prend toujours la pause avec les artistes. Il vient souvent avec une cravate et on lui dit que ce n'est pas le lieu ici alors il l'enlève », s'amuse Alberto Colman.

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